Après Chypre, la Slovénie ?

Publié le par Christophe

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Après Chypre, la Slovénie ? La petite république aura-t-elle besoin d’un plan de sauvetage ?

Rien ne va plus en Slovénie. Ancien « bon élève » des nouveaux membres de l’Union européenne, le pays est officiellement entré en récession en novembre, et les mesures d’austérité du gouvernement conservateur du Premier ministre Janez Janša passent de plus en plus mal au sein de la population. Ce petit pays réputé tranquille a connu de violentes manifestations début décembre, tandis que la coalition gouvernementale pourrait voler en éclat. Les autorités slovènes et l’OCDE répètent que le pays peut s’en sortir sans aide. En attendant, à Ljubljana, le gouvernement a entamé de difficiles négociations salariales avec les syndicats pour économiser 158 millions d’euros, en coupant dans les salaires des fonctionnaires.

 

 

 

Petit rappel sur « l’insurrection de Maribor »

 

Dans un article publié début janvier je vous ai parlé de la Slovénie, ce petit pays de l'Union Européenne qui ne compte pourtant que 20 ans d'indépendance. Je relatais les événements qui ont marqué Maribor ville sans histoires, où des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour chasser leur maire à cause de la crise et du sentiment d’impunité des élites. Dans un mouvement spontané, le pays tout entier est descendu dans la rue en signe de solidarité avec Maribor contre la corruption, le clientélisme et les oligarques locaux. Rappelons que plusieurs maires slovènes ont déjà été condamnés pour leur mauvaise gestion des finances publiques, mais ils ignorent la justice. Certains députés, eux aussi condamnés, refusant de démissionner. L’élite politique slovène se moque des décisions de justice, les présentant comme faisant partie d’un complot politique. Le Premier ministre, Janez Janša, surnommé « prince des ténèbres », accusé de corruption depuis plusieurs années, refuse d’abandonner son poste. La révolte des Slovènes habituellement si tranquilles est un fait sans précédent. On parle même de « l’insurrection de Maribor » comme d’un événement historique.

 

 

 

Austérité en vue pour les fonctionnaires

 

De difficiles discussions entre le gouvernement et les syndicats sur la réduction des salaires dans le service public ont commencé lundi 7 avril. Entre les deux parties les négociations seront probablement plus difficiles et plus longues que prévues.

Le ministre de l’Administration publique, Gregor Virant, a appelé à « ne pas envoyer un mauvais signal aux marchés financiers internationaux. Il serait irresponsable de parler d’une rallonge budgétaire maintenant. Il faut utiliser les finances publiques avec la plus grande prudence ».

Les syndicats n’ont toujours pas annulé un mot d’ordre de grève depuis l’automne.

Le gouvernement cherche à économiser 158 millions d’euros cette année sur les salaires des fonctionnaires, pour atteindre les objectifs budgétaires, mais la base de ces réductions est remise en question par les syndicats. Janez Posedi, l’un des principaux négociateurs syndical, conteste cette mesure budgétaire et la qualifie de « problématique », car les coupes dans les salaires des fonctionnaires ont été inscrites dans le budget sans consentement préalable des syndicats.

Le ministre Virant avait parlé la semaine dernière « de mesures nécessaires » si l’on admet que le budget pour 2013 est basé sur l’hypothèse d’une réduction de 6,4% de la masse salariale du secteur public.

 

 

 

Nostalgie Yougoslave

 

La Slovénie jouissait d’une bien meilleure position au sein de la Fédération yougoslave que de l’Union européenne, où elle a rejoint le groupe des pays du « sud », pauvres et en voie de sous-développement. Déjà on entend des « mieux valait la Yougoslavie que l’Union européenne ! »

L’analyse du sociologue slovène Rastko Močnik, qui souligne le risque d’une dérive autoritaire, voire fasciste que peut engendrer la faillite du projet européen. [Vous savez maintenant que dans la bouche des bien-pensant des fascistes c'est ce que nous appelons simplement des nationalistes. Vous savez tous que le fascisme est socialiste (le national socialisme des nazis) alors que le nationalisme c'est la vrai droite. L'autre étant la fausse droite].

Fermons la parenthèse pour dire que les Slovènes qui ont montré leur solidarité cet hiver et leur capacité à se mobiliser, pourraient bien s'agacer d'avoir à subir les grèves des fonctionnaires en proie à l'austérité. Le peuple lui même va subir la crise d'ampleur chypriote et son sentiment nationaliste, nostalgique de la Yougoslavie et anti-européen pourrai déclencher quelque chose...

 

 chris

Publié dans Décryptage

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