Armes et citoyens

Publié le par Christophe

armes   

En France il est de plus en plus difficile pour un citoyen honnête de posséder une arme de manière tout à fait légale. En contrepartie on entend dire ici et là, que de plus en plus d'armes de guerres circuleraient dans nos banlieues en toute illégalité.

 

Ce déséquilibre nous place en situation délicate et l'on est en droit de se demander si nous sommes toujours en sécurité. Alors que d'autres gouvernements se posent des questions, nous avons l'impression qu'en France la situation n'alarme pas tant que cela nos politiques à gauche et à droite. Qu'arrivera t-il si nos banlieues se soulèvent ?

 

Les Français et les armes

 

Tout est question de respect. En plus du respect des autres, il est important d'avoir le respect de soi, de sa dignité personnelle. Cette dignité personnelle est ancrée dans un sentiment d’autonomie personnelle, de liberté individuelle. Nous sommes des hommes libres et non des esclaves. Le droit de porter des armes a toujours distingué l’homme libre de l’esclave. Concernant le droit de porter des armes, la valeur symbolique est au moins aussi importante que l’utilité pratique.

 

Le poète latin Lucain a écrit :

 « Ignorantque datos, ne quisquis serviat, enses » « Et ils ignorent que les épées sont données afin que personne ne soit esclave. » (1)

 

Jean-Paul Le Moigne :

« Il y a à peine un siècle, soit à la fin du dix-neuvième, plusieurs pays européens ne connaissaient aucune restriction au droit de porter des armes : l’Angleterre, la Norvège, la Suède, le Danemark, la Suisse, le Montenegro, la Serbie. En Allemagne, seul était prohibé le port d’armes dans des réunions publiques. En France, jusqu’en 1910, n’était interdit que le port d’armes cachées, restriction souvent interprétée de manière libérale. »(2)

 

Le gros problème c'est qu'au fil des années des mesures de plus en plus restrictives ont obligés les Français à déclarer les armes possédées dans les familles depuis des décennies et à s'en débarrasser.

De bonne foi, beaucoup de Français ont joué le jeux et il se trouvent maintenant « désarmés ».

 

Ces deux liens vous seront utiles : Législation sur les armes et site de l'union française des amateurs d'armes. Ils vous permettrons de vous informer sur ce qu'il est possible de faire en matière de possession et d'utilisation des armes.

 

Combien y a-t-il d'armes de guerre en circulation en France ?

 

La loi française interdisant de posséder de telles armes, il est par définition impossible d'en connaître le nombre précis sur le territoire. Les services spécialisés du ministère de l'Intérieur parviennent néanmoins à une évaluation de 30.000.

Combien d'armes de guerre parmi elles? «Sans doute autour de 15% du stock, soit environ 4000» a déjà expliqué au Figaro en 2010 un commissaire de la police judiciaire.

 

Comment ces armes parviennent-elles en France ?

 

La plupart des armes saisies le sont en banlieue parisienne et à Marseille. La majorité provient d'Europe de l'Est, et du continent  africain.

Dans un rapport de la mission parlementaire sur les armes à feu en France, paru en 2010, le procureur de la République de Nice pointait « la relative facilité avec laquelle les individus peuvent se procurer des armes à feu en Europe». Un trafic encore facilité, expliquaient les députés auteurs du rapport, par «les échanges que permet la généralisation d'Internet ». Au marché noir, une kalachnikov se négocie au mieux aux alentours de 3000 euros, mais les prix peuvent descendre selon l'état de l'arme jusqu'à 250 euros.

Le nombre de saisies est en hausse ces dernières années (+29% en 2011 par rapport à 2010), c'est imputable à une plus grande efficacité des services de police selon le rapport. (Chris : Je ne remet pas en cause l'efficacité des forces de police qui sont pourtant de plus en plus clairsemée. J'ai plutôt l'impression d'une multiplication du nombre de ces armes dans les quartiers concernés).

Dans certaines cités d’Île-de-France, les forces de l'ordre saisissent régulièrement des armes qui sont cachées dans les parties communes des immeubles, où elles sont mises en quelque sorte en «libre-service». C'est ce que le rapport a appelé la «mutualisation de l'accès aux armes».

 

Des opinions pas si stupides

 

Pierre Lemieux :

« Il faut d’abord comprendre que le contrôle des armes à feu impose des coûts plus élevés à l’honnête citoyen qu’au criminel. Par coût, j’entends ce que l’on perd si on est pris, qu’il s’agisse d’argent versé en amendes, d’emprisonnement ou d’opportunités ratées pour l’avenir. Le criminel a déjà un casier judiciaire ou il en aura un pour les autres crimes qu’il commet en même temps qu’il contrevient au contrôle des armes; par conséquent, la peine additionnelle que lui impose sa contravention au contrôle des armes est faible ou nulle. Au contraire, l’honnête citoyen, celui qui ne viole pas d’autres lois que celles qui concernent les armes à feu, risque une peine qu’il n’aurait autrement pas subie. Par conséquent, le contrôle des armes à feu exerce un effet dissuasif plus fort sur l’honnête citoyen que sur le criminel. Ce sont surtout les honnêtes gens qui seront dissuadés de posséder ou de porter des armes illégalement.

D’autre part, les armes sont utiles à l’honnête citoyen pour se défendre contre les criminels. C’est une idée qui est facile à comprendre pour quiconque s’est déjà exercé au maniement des armes. Une arme à feu, comme on disant en Amérique, est un grand égalisateur : sauf dans des cas extrêmes, elle confère le même avantage au faible et au fort, à la femme et à l’homme, au malade et au bien-portants, au vieux et au jeune. De ce facteur et de celui traité au paragraphe précédent, il s’ensuit que le contrôle des armes à feu aura pour effet d’empêcher davantage les honnêtes gens de se défendre contre les agressions que d’empêcher les criminels d’en perpétrer avec succès. » (3)

 

 

L’économiste David Friedman :

« Supposons qu’une vieille dame sur dix porte une arme. Supposons que, de celles qui portent une arme, seulement une sur dix réussit à abattre le bandit qui veut la voler sous la menace d’une arme – au lieu d’être tué par lui ou de se tirer dans le pied. En moyenne, dans ce cas de figure, il est beaucoup plus probable que ce soit le voleur plutôt que la vielle dame qui gagne la confrontation. Mais il demeure qu’en moyenne, chaque 100 vols avec violence se solde par un voleur mort. Avec ce risque, le vol n’est pas une bonne affaire car la plupart des vieilles dames n’ont pas assez d’argent sur elles pour justifier une chance sur cent d’être tué. Le nombre de voleurs diminuerait dramatiquement non pas parce qu’ils ont été tués mais parce qu’ils se sont rationnellement réfugiés dans d’autres occupations. » (4)

 

Désarmer le peuple n'est pas sans danger

 

Daniel Polsby :

« La tyrannie, qu’elle soit étrangère ou locale, n’est que l’une des formes de l’esclavage. On a de bonnes raisons de croire que le droit de porter des armes rend la dérive tyrannique moins probable parce que plus coûteuse pour le tyran en puissance, ses agents et ses complices. Ce n’est pas pour rien que tous les tyrans s’assurent de désarmer leurs sujets, quand ce service ne leur a pas été rendu par les occupants antérieurs du pouvoir. Les Cambodgiens auraient vraisemblablement pu résister aux Khmer Rouges si l’occupant français n’avait commencé à les désarmer avant que le régime khmer ne complète le désarmement et ne commence le génocide ».(5)

 

Stephen P. Halbrook :

« Le tyran nazi aurait dû supporter des risques et des coûts plus élevés si les citoyens allemands  n’avaient été désarmés par les lois de Weimar de 1919 et de 1928, ainsi que par la loi nazi de 1938. »  (6)

 

Jean-Paul Le Moigne :

« L’occupant allemand aurait eu plus de difficulté à contrôler les Français sans la législation de 1935 et de 1939, puis l’interdiction de toutes les armes par le régime de Vichy et à la confiscation de celles qui avaient auparavant déclarées ». (2)

 

Édouard Laboulaye :

«  Le droit à la sûreté est également la seule justification que l’on peut trouver à l’émergence de l’État. En effet, la mission première de l’institutionnalisation du pouvoir n’est pas de faire une prétendue « justice sociale » en créant des « services publics » voire en redistribuant indûment les richesses – en les gaspillant, plutôt –, mais bien de défendre les citoyens des délinquants qui ne cessent de violer les droits et les libertés d’autrui. Ou du moins, le devrait ». (7)

 

Certains ont cette doctrine en tête

 

La Russie veut créer une association nationale des armes à feu

« Il est nécessaire de créer en Russie une association similaire à la National Rifle Association (NRA) américaine », a écrit samedi sur son compte Twitter le vice-président du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement) Alexandre Torchine.

« A vrai dire, j'aimerais créer une association qui soit meilleure que la NRA. Pourquoi meilleure? Car nous pouvons profiter de l'expérience américaine », a indiqué M.Torchine qui élabore un projet de loi relatif à la légalisation du commerce d'armes à feu à canon court en Russie.

Selon ce dernier, légalisation du commerce des armes à feu à canon court en Russie pourrait rapporter au budget jusqu'à 1.000 milliards de roubles (25,5 milliards d'euros) en cinq ans. Les auteurs du rapport ajoutent que la vente de licences pour le port d'armes pourrait également rapporter de 400 à 500 millions de roubles (10,2-12,7 millions d'euros) par an.

Ce rapport souligne la nécessité de légaliser en Russie les armes à canon court, qui sont le moyen le plus efficace d'autodéfense des citoyens.
Selon les auteurs du rapport, si le commerce de ces armes devient légal, près de 10,7 millions de personnes pourraient s'acheter un pistolet "fabriqué en Russie" pour près de 9.000 roubles (230 euros).  

 

Plus de 400.000 Moscovites détiennent des armes à feu

Plus de 400.000 détenteurs d'armes à feu sont répertoriés sur les registres de la police de Moscou, a annoncé son porte-parole officiel Vladimir Ermotchenkov.

« Au 1er mai, plus de 400.000 armes à feu étaient entre les mains des habitants de la capitale. Concrètement, 29,000 moscovites possèdent des armes de chasse à canon rayé, 200.000 des armes à canon lisse, et 184.000 des pistolets d'autodéfense à gaz et sans canon », a déclaré Ermotchenkov.

Selon la police de Moscou, 184.000 licences de port d'arme ont été délivrées en 2007 pour différents types d'armes, alors que dans le même temps 33.000 permis ont été annulé.

 

Et nous ?

 

L'état peut-il garantir notre sécurité comme la constitution le lui oblige ?

Les armes de guerre ne sont plus seulement dans des mains militaires et c'est bien cela le problème.

J'ai peur que des ennemies de la nation se considérant suffisamment équipés aient de mauvaises idées. Au train où vont les choses et avec les quelques informations que nous arrivons à glaner dans les médias ici et là, il semble que le chiffre des armes de guerre qui circulent dans nos banlieues soit en constante augmentation. Les faits récents nous confirment cette inquiétude, il est en effet de plus en plus facile pour des petit caïd de gouttière de se procurer des fusils d’assaut alors qu'il fut un temps où c'était plutôt réservé au grand banditisme.

Maintenant des petits fanatiques religieux facilement manœuvrables et influençables peuvent aisément se procurer tout l’attirail du tueur. Ajoutez à cela le sentiment d'appartenir à une communauté persécutée et ils peuvent passer à l'acte. La responsabilité en reviendra à toutes ces associations qui ne cessent de clamer à tort à tous les Vladimir qu'ils ne sont pas respectés par notre pays. Une armée potentielle d'extrémistes se constitue peu à peu et il suffirait d'une étincelle pour qu'elle déferle hors de ses banlieues...

 

Je vous laisse imaginer la suite...

 

ChristopheRef : C0040 

 

 

(1) Lucain, de Bello Civili, Cambridge, Harvard University Press, Loeb Classical Library, 1988, p.216.

(2)Jean-Paul Le Moigne, La détention des armes à feu par les particuliers en France, thèse pour obtenir le grade de Docteur de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, 2005, p.131-149

(3)http://www.pierrelemieux.org/artdroit.html « Le droit de porter des armes » - Notes pour une conférence de Pierre Lemieux devant l’Associazione liberisti ticinesi Lugano (Suisse), le 17 janvier 2008

(4)David Friedman, Hidden Order. The Economics of Everyday Life, New York, Harper, 1996, p.299.

(5)Daniel Polsby et Don B Kates, « Of Holocausts and Gun Control »,Washington University Law Quarterly, vol. 75, n°3 (automne 1997)

(6)  Stephen P. Halbrook, « Nazi Firearms Law and the Disarming of the German Jews », Arizona Journal of International and Comparative Law, vol. 17, no 3 (2000), p. 483-535, http://www.stephenhalbrook.com/article-nazilaw.pdf

(7)Édouard Laboulaye, Considérations sur la Constitution, 1848 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k95449g

 

 

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