C'est arrivé un 25 novembre en Catalogne

Publié le par Christophe

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Ce week-end en Espagne il y a une élection qui peut changer le visage de l'Europe. La question de la sécession de la Catalogne sera au cœur des élections régionales du 25 novembre. Artur Mas, le Président de la Catalogne, région autonome d'Espagne , vise la majorité absolue, ce qui lui permettrait de légitimer un référendum sur l'indépendance à condition de recevoir l'approbation de Madrid et le soutien des Catalans. Cependant la campagne a été tellement véhémente que les événements pourraient facilement échapper à tout contrôle.

 

 

Le jour d’après

 

Quelle que soit l’issue du scrutin, cette date ne marquera pas la fin du débat sur l’avenir de la Catalogne. Les élections marqueront plutôt le début d’une longue période de redéfinition des relations économiques et politiques avec l’Espagne.

L’un des principales évolutions de ces derniers mois en Catalogne tient au fait qu'une partie non négligeable du pays a cessé de juger l’union économique bénéfique et la rejette désormais radicalement. L'allié des indépendantistes européens n'aurait-il plus autant la côte auprès d'eux ?

 

Le jour J est important mais encore plus le jour J+1, qui est au fond le véritable enjeu de ces élections. Si l’on en croit les sondages, le Parlement devrait être composé à une grande majorité de députés issus de partis favorables au référendum sur l’autodétermination (CiU, ERC et ICV), d’une importante minorité qui s’y oppose (PP et Ciutadans), avec entre les deux, le Parti socialiste catalan favorable au référendum à condition qu’il s’inscrive dans un cadre légal. Soit une écrasante majorité de parlementaires favorables à l’organisation d’une consultation. De ce fait, dès le lendemain de l’élection, ce sujet crucial sera immédiatement mis sur la table.

 

Il s’agit d’abord de savoir si Madrid le permettra. L'état espagnol se trouve dans une posture délicate car, accepter le référendum quelle que soit la formulation de la question, reviendrait à accepter ce qui est au cœur du débat qui oppose depuis plusieurs années la Catalogne à l’Espagne : la reconnaissance d’un peuple catalan distinct de la souveraineté espagnole et en droit de décider de son avenir. Le lendemain des élections marquera le signal du processus qui devrait conduire à une consultation de la société catalane sur ses aspirations et sur la nature de ses relations économiques et politiques avec Madrid.

Il sera venus le temps de poser la question : la Catalogne veut-elle ou non être indépendante ? Puis ensuite bien plus tard : Veut-elle rester ou non dans l’Europe, garder l’euro ou pas ?

http://www.elperiodico.com/es/noticias/opinion/dia-siguiente-soberania-referendo-2250003

 

 

Un long processus

 

Les catalans ne seront pas les premiers à entamer ce processus, et ceux qui les ont précédé, n’ont pas eu la tâche facile. Lors du dernier référendum organisé au Québec, en 1995, il a fallu que la Cour suprême canadienne fixe des règles pour encadrer l’exercice du droit d’autodétermination : c’est désormais le Parlement fédéral qui doit approuver la formulation de la question posée aux électeurs, et le référendum est voté à la majorité “suffisante”. S’il existe en Europe le précédent du Monténégro pour lequel l’UE avait imposé une majorité à 55 %, la plupart estime aujourd’hui au Canada qu’elle devrait être de 66 %. En Grande-Bretagne, le Parti national écossais a fait campagne aux dernières élections sur la promesse d’un référendum, et sa victoire à la majorité absolue va lui permettre de l’organiser. Pourtant, selon les sondages, l’indépendance ne rassemble pas 40 % de partisans. En revanche, l’autonomie dans les décisions et la nécessité d’organiser cette consultation remporte largement l’adhésion. Ce sont deux choses différentes.

En 2010 La Catalogne, a manqué l'occasion de faire valider son statut de communauté autonome par la Constitution Espagnole. A l'époque, la Cour, composée de cinq juges progressistes et cinq conservateurs a vue l'un des progressistes rejoindre le camps des conservateurs en s’opposant "à ce que la Catalogne soit définie comme une nation". Les juges étaient également divisés sur l’obligation pour toute personne vivant dans la région de maîtriser la langue catalane ou sur l’autonomie du pouvoir judiciaire régional.

http://elpais.com/diario/2010/04link/19/espana/1271628002_850215.html

 

Aujourd’hui, une partie des intellectuels madrilènes s’inquiète d’une éventuelle sécession catalane et dans le même temps un nouvel avertissement de l'Europe à l'indépendantisme catalan a été donné par la voix du Commissaire européen aux Relations inter-institutionnelles Maros Sefcovic : « un territoire séparé d'un pays membre s’exclurait de fait de l'UE et devrait demander à adhérer à nouveau en tant qu'État ».

 

 

De nombreux observateurs

 

Nous seront observateurs de ce qu'il va advenir à la connaissance des résultats. Sans vouloir minimiser le résultat, on peut penser qu'il sera favorable aux partisans indépendantistes. Le score, s'il était plus étriqué que prévu, démontrerait que certains catalans prendraient conscience qu'un avenir radieux ne passe pas forcément par une indépendance en tant que membre d'un pays Européen. Il ont vu avec l’Espagne ce que cela représente, et certains comprennent que si l’Europe est condescendante avec la catalogne en tant que région, il n'en sera pas de même en tant qu'état...

 

Nous serons observateurs de la gestion des événements par l'Espagne quels qu'ils soient...

Les candidats divers au sein de l'Europe pour une indépendance vont observer afin de savoir s'il faut faire un pas en avant ou un pas en arrière. Nous observerons comment l'Europe traite ceux qui la courtisent. Finalement pour qui veut quitter l’Europe, il est important d'en connaître les changements afin de réorienter sa politique en fonction des évolutions. Observons, observons...

 

chris 

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