De l'importance de la nation

Publié le par Daniel Benbassat

Fierté nation

 

1) Qu'est-ce que la nation ?

 

En consultant les dictionnaires, on s'aperçoit que les définitions sont toutes différentes.

On note globalement plusieurs notions :

  • le territoire
  • une communauté ou une entité politique
  • une autorité souveraine
  • une communauté de lois
  • la conscience d'une certaine unité
  • une langue, une religion, une culture, une histoire commune

En fait, on voit bien que cette notion est difficile à définir de manière objective.

 

Dans Qu'est-ce qu'une nation ? (1882) Ernest Renan formule l'idée qu'une nation repose sur un passé commun et sur une volonté d'association :

 

« Ce qui constitue une nation, ce n'est pas de parler la même langue, ou d'appartenir à un groupe ethnographique commun, c'est d'avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l'avenir… »

 

La nation peut être différente de l'état, qui a une signification beaucoup plus simple :

 

L'état est une structure politique autonome, ayant ses institutions, son territoire, ses lois, ses citoyens.

 

Par exemple, certains parlent de nation corse, bretonne, québécoise, iroquoise, basque, catalane, écossaise, alors que ce ne sont pas des états. Mais dans chacun de ces cas, il y a une culture et une histoire commune et souvent une langue commune.

 

Réciproquement, on voit qu’il existe des états qui ne sont pas réellement des nations, car ils ont été constitués, non par la volonté de son peuple, mais par des évènements extérieurs. Dans ce cas, il y a toujours un risque d’éclatement si les conditions de la fusion d’origine se modifient au cours du temps.

 

En effet, les forces centrifuges, si elles sont suffisamment importantes, tendent à ce que la nation acquière aussi le statut d’état. Il en est ainsi par exemple, des nouveaux états issus de l’ex-URSS ou de l’ex-Yougoslavie.

 

Les exemples européens d’états composites qui viennent à l’esprit sont : la Belgique (Flandre et Wallonie), le Royaume uni (Angleterre + Ecosse + Pays de Galles + Irlande du Nord).

 

2) La constitution des nations européennes ?

 

La plupart des nations européennes se sont constituées petit à petit et dans la douleur.

 

L’émergence d’une nation française a eu lieu dans le courant du XVIII ème siècle, en tout cas, c’est seulement à cette époque qu’elle est évoquée avec son acception actuelle. Evidemment, la révolution française, les épopées napoléoniennes, et les antagonismes envers la Prusse, puis l’Allemagne, ont eu pour effet de renforcer ce sentiment d’unité.

 

Cependant, le périmètre géographique a été largement fluctuant au cours des XIX ème et XX ème siècle, la Savoie n’étant française que depuis 1860, et l’Alsace-Lorraine faisant des aller-retour entre la France et l’Allemagne, sans parler des DOM-TOM dont le statut date de 1946, mais de nombreux changements ont eu lieu, chaque territoire ayant ses spécificités.

 

Cependant, les autres états européens ont une notion de la nation beaucoup plus flexible et moins centraliste que la France.

 

L’Allemagne est une fédération d’état, l’Italie n’a été créé qu’en 1861. L’Espagne a été constituée depuis plusieurs siècles, et Philippe V d’Espagne constitua la nation espagnole avec une langue commune au début du XVIIIème siècle.

 

La Grèce a aussi un fort sentiment national, car elle a été occupée pendant plusieurs siècles par l’empire ottoman, et c’est un des rares pays européens à avoir conquis son indépendance grâce à une guerre, qui débouche sur la création d’un état grec lors de la conférence de Londres en 1830.

 

3) Le projet européen contre les peuples

 

Il est clair que le projet européen, au départ un simple marché commun, facilitant le commerce intra-européen, est devenu sous l’impulsion des lobbys financiers une zone favorisant les banques et les marchés financiers.

 

Dans un prochain article, je montrerai comment les banquiers européens, jaloux de la puissance des banques américaines, ont voulu créer une zone équivalente aux USA en terme de poids financier, ce qui a conduit à l’élaboration et la mise en place de l’euro et des systèmes de paiement européens, de la volonté d’un élargissement sans borne de l’union européenne, et de la tentative de créer un marché financier européen unifié.

 

Pour construire tout ce beau programme, et vampiriser au maximum l’économie et les états européens, ils ont fait du lobbying auprès des politiques, avec des prétextes surréalistes, du genre : « c’est le seul moyen pour éviter une nouvelle guerre en Europe » et bien entendu toute une palanquée d’arguments économiques complètement dépassés depuis la crise mondiale qui a débuté en 2008.

 

Tous les partis de gouvernement ont cédé à cette belle rhétorique, en tout cas dans les principaux pays moteurs de l’UE, que ce soit les socialistes (en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Grèce, etc…) ou les partis de droite traditionnels (en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Italie), grâce à une idéologie ultra-libérale, basée sur la libre concurrence, le libre-échange, la libre circulation des marchandises, des capitaux et des salariés, la monnaie unique et la banque centrale indépendante.

 

Il faut bien noter, que même pour un pays comme les USA, que l’on cite comme le paradis du capitalisme, ces conditions n’existent pas. Des barrières douanières sont mises en place, en particulier vis-à-vis de la Chine, et l’immigration est beaucoup mieux contrôlée qu’en Europe.

 

Dans un sens, nous avons été, nous les citoyens européens, et nous le sommes toujours, les cobayes inconscients d’une expérience économique inédite et désastreuse et dont les initiateurs ne veulent pas sortir de peur de reconnaître leur responsabilité.

 

4) Les peuples organisent la résistance

 

Comment les peuples européens peuvent-ils organiser leur résistance, contre cette expérience qui mène petit à petit à la récession, à la dépression, et aux dernières extrémités, à la violence et aux guerres civiles, ou pire, à un esclavage de masse consenti ?

 

La pensée unique véhiculée par tous les canaux possibles, et compris tous les médias dominants, associée à une pression incessante prônant la consommation à outrance, l’individualisme et le communautarisme, au détriment du monde des idées, de la politique (au sens originel de la construction d’une société développée), et de la solidarité, rend très difficile au citoyen lambda de comprendre les enjeux fondamentaux de notre époque.

 

Tous les évènements ayant une signification profonde, et qui devraient l’éclairer sont soit, éludés par les médias, soit leur signification est caché par des aspects superficiels qui sont surmédiatisés.

 

Pour donner quelques exemples sur les évènements les plus récents, les questions les plus évidentes à poser et à essayer de résoudre, sont les suivantes :

  • Comment a-t-on pu en arriver là ?
  • Qui est réellement responsable ?
  • Comment faire pour que cela ne se reproduise pas ?

Posez-vous ces questions pour des évènements aussi divers que : Fukushima, l’affaire DSK, l’affaire Merah, le comportement de l’équipe de France lors de l’euro 2012. Vous verrez que jamais ces questions n’ont été abordées, ou alors très succinctement en mettant en avant l’aspect superficiel et souvent caricatural plutôt que les éléments de compréhension.

 

Heureusement, il reste quelques créneaux aux peuples pour s’extraire d’un quotidien asservissant et futile. Outre la solidarité, démontrée par le travail de milliers de bénévoles de milliers d’association, il y a aussi beaucoup d’élus de proximité pour lesquels la politique est encore un moyen d’aider les autres et non pas de s’octroyer des avantages personnels, comme on le voit aux plus hauts niveaux.

 

Le troisième aspect qui a une importance encore plus grande, dans la lutte contre l’idéologie ultra-libérale, c’est la nation.

 

En effet, cette idéologie a sa pleine efficacité lorsque sont gommés toutes les différences entre les peuples.

 

C’est la raison de l’essai de mise en place d’une langue commune pour l’économie, la politique, l’entreprise, les sciences : l’anglais.

 

C’est aussi la signification du transfert de souveraineté, qui va des états vers les régions, ou des états vers le centre : Bruxelles, de manière à stériliser petit à petit, tout ce qui peut aller à l’encontre du projet.

 

Or les états, mais surtout le concept de nation, peuvent être un élément important pour fédérer les citoyens contre cette idéologie.

 

De tout ce qui peut entraver cette harmonisation forcée des peuples européens, la nation est le plus révolutionnaire des concepts, car c’est celui qui dans beaucoup de pays a déjà servi à rassembler les citoyens, même si c’était souvent dans le cadre de guerres.

 

5) La nation Française

 

Pour le cas de la France, il reste de nombreux éléments de fierté de ce qu’a été la France, ne serait-ce que son patrimoine culturel, littéraire, historique, même si ce dernier a tendance à disparaitre des manuels scolaires, et malgré les tentatives de détruire l’éducation publique, la plupart des français, y compris les plus jeunes, y sont attachés.

 

Pour la France, les éléments principaux qui la constituent en tant que nation sont les suivants :

  • L’histoire avant tout, pour répondre à la définition d’Ernest Renan, depuis l’apport des grecs, des romains et de la religion chrétienne à l’élaboration, l’épanouissement, puis le délitement du royaume de France, suivi du choc de la révolution française et de l’épopée napoléonienne, puis des républiques successives, ponctuées par les 2 guerres mondiales du XXème siècle et surtout l’occupation allemande de 1940-1945 qui a laissé un grand traumatisme, mais qui a aussi permis De Gaulle et le Gaullisme. C’est probablement la raison pour laquelle l’histoire n’est plus enseignée correctement à l’école, pour empêcher les jeunes de comprendre ce concept de nation.
  • La littérature qui a vu de nombreux grands écrivains français, depuis Rabelais et Montaigne au 16ème, Corneille, Racine, Molière, au 17ème, Voltaire, Rousseau, Diderot, Pascal au 18ème, Châteaubriant, Hugo, Stendhal, Balzac, Flaubert, Zola, au 19ème, Sartre, Céline, Proust et Camus au 20 ème siècle, pour ne citer que les plus connus. Par bonheur, ils sont toujours étudiés en secondaire, malgré que beaucoup de lycéens ne possèdent pas suffisamment de bases en français pour les comprendre pleinement.
  • Les spécificités régionales qui font la richesse et la diversité de la France : les langues et patois, les traditions culturelles et musicales, les traditions commerciales et les produits régionaux, la gastronomie, les monuments, églises, cathédrales, châteaux, moulins et autres exploits architecturaux, tout ceci fait la France.
  • Le caractère des français eux-mêmes, que l’on dit râleurs, grognons, jamais contents, mais bons-vivants en ce qui concerne la bonne chair, le bon vin et l’amour, attachés à la solidarité, à l’Etat protecteur, et toujours naïfs dans leurs choix politiques.
  • Sa devise : liberté, égalité, fraternité, héritée de la révolution, mais qui n’est malheureusement plus appliquée depuis bien longtemps.
  • Son hymne national, la Marseillaise, hérité aussi de la période où tous les ennemis de l’intérieur et de l’extérieur se coalisaient contre la patrie, qui a pour atout de rappeler que dans les temps difficiles les français savent se rassembler pour une cause commune. C’est une des raisons pour laquelle ceux qui ne se reconnaissent pas vraiment français sont réticents à l’entonner.
  • Son drapeau, évidemment qui a pour fonction de symboliser tout cela, sur un mode très visuel. N’hésitez jamais à brandir le drapeau français, il représente tous les siècles d’histoire qui nous ont précédés, et la lutte des tous les français du passé pour que notre nation se maintienne jusqu’à nous.

Vous voyez que même au sein d’une société de consommation où penser par soi-même est devenu obsolète, tout ceci compte encore, même si c’est parfois de façon inconsciente.

 

En conclusion, je dirais qu’il reste toujours possible de réveiller le français qui dort en nous, et que c’est le devoir de chaque patriote de s’atteler à cette tâche, pour que nous ne soyons jamais européens avant d’être français.

 

Daniel BENBASSAT

 

Ref : D0003 

Publié dans Décryptage

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christophe 03/09/2012 23:51


Daniel


Bravo pour ce texte plein de bon sens et de références judicieuses. Je suis en grande partie en accord avec toi. Je suis par contre inquiet sur le fait que les personnes qui pourront réveiller en
elles le sentiment patriotique sont de moins en moins nombreuses.


A cause du nombre des naissances de l'immigration et à cause du fait que l'on ne demande rien aux immigrés concernant un éventuel amour envers la patrie. On leur donne tout sans qu'ils n'aient à
justifier un quelconque attachement à la nation...


Les personnes qui sont patriotes comme nous, sont de plus en plus âgées et par voie de conséquence de moins en moins nombreuses car le renouvellement des forces est inexistant.


C'est pour cela que le fait d'être patriote, ne sera pas inscrit comme infraction au code pénal, l'extinction des patriotes se fait lentement mais sûrement et il n'est pas nécessaire de prendre
des mesures pour cela. Le simple fait d'être patriote est assimilé aujourd'hui à être raciste. Le racisme est punissable et donc le patriotisme aussi à travers lui.  


On peut parler encore d'attachement à notre culture, nos racines, notre histoire (victime de modifications honteuses), notre mode de vie etc... Cela on peut encore s'en revendiquer puisque cela
disparaîtra avec le temps. Inutile de prendre des mesures qui risqueraient d'être impopulaires pour éradiquer quelques chose qui meurt de lui même...


Allez, vive la France quand même !

Gérald 04/09/2012 00:35



Avis totalement partagé, mais je garde espoir car il semblerait que la jeunesse se réveille et commence à prendre position. D'autres personnes plus agées qui étaient contre le FN avant les
élections commencent aujourd'hui a nous voir d'un autre oeil. Merci à Normal 1er et son équipe.