Du refus de voir à la peur de savoir (partie 1)

Publié le par Christophe

refus de voir
Un colloque ayant pour sujet « peut-on raisonnablement estimer les coûts de l'immigration et de l'intégration ? » a été organisé il y a 1 an (16 février 2012) par l'institut de géopolitique des populations. Outre les interventions de personnages plus connus comme Gourevitch ou Le Gallou une responsable d'association, Joëlle-Anne Robert, y a fait une intervention remarquable au cours de laquelle elle a décortiqué le pourquoi de la non réaction (ou insuffisante réaction) face aux danger de l'immigration non maîtrisé et à tous les maux qui l'accompagnent. Elle explique le comportement de l'autruche et l'impossibilité de dénoncer qui touchent beaucoup de personnes...
Qui ne sais jamais posé la question suivante : « Pourquoi laisse t-on faire cela ? ». L'existence de cette question est la preuve même que la situation est donc connue. On ne peut plus dire que l'on n'est pas prévenu du péril qui nous guette. Il faut chercher ailleurs, dans l'impossibilité de réaction et dans la passivité. Ces deux comportements n'étant pas honorifiques il a fallut se réfugier derrière des artifices moins faciles à dénoncer et à expliquer. Avec le refus de voir les choses, on peut donner l'illusion que l'on ne les a pas vue. De même qu'avec la peur de savoir la vérité on peut cultiver son ignorance afin qu'elle devienne une justification à la non réaction. Loin de moi le fait de traiter les Français de lâches ! La dictature Européennes et ses cerfs, nos dirigeants, se sont doté d'une armada répressive judiciaire très dissuasive. De même que le discours des médias ne cesse de culpabiliser ceux qui pourraient être mal-pensants. Enfin la peur des discussions franches sociétales et politiques se sont installées sur les lieux de travail. Le système est verrouillé mais les Français ne demandent qu'a se désinhiber. C'est pourquoi je me fais le relais des explications de Joëlle-Anne Robert, pour montrer que nous ne sommes pas isolés et que le sursaut est possible.
Comme je l'ai déjà écrit en d'autres occasions, je n'aurai pas fait mieux. Aussi inutile de tenter un médiocre plagiat et plutôt relayer le talent des autres avec une modeste préface...


Du refus de voir à la peur de savoir par Joëlle-Anne Robert,
 
J'aimerais vous donner le sentiment d'une non-spécialiste, mais d'une Française qui se pose une question : pourquoi nos élites, qui ont le pouvoir et les moyens d'améliorer une situation qui se détériore au fil des années, ne le font-elles pas ? Il y a clairement un refus de voir la situation, et notamment le coût de l'immigration, mais ce refus de voir recouvre peut-être une véritable peur de savoir, ce qui serait plus grave encore.
 
I) LE REFUS DE VOIR
 
1) Que refuse-t-on de voir ?
 
a) On refuse de voir les faits, de regarder la réalité en face. En voici quelques exemples :
Les faits parlent d'eux-mêmes et chacun peut les constater. Les salles d'attente des urgences dans les hôpitaux remplies par des foules venues de tous les pays. Nous avons tous vu ces jeunes sans titre de transport sauter les barrières dans le métro ou se faire arrêter par une armada de contrôleurs. Pire, que l'on songe aux scènes de violence de l'automne 2005, où il y eut 2 morts, 130 policiers blessés, 10 000 véhicules mis à feu, 120 nuits d'émeute, 4500 arrestations, et où le gouvernement fut obligé de déclarer l'état d'urgence. Une véritable guérilla urbaine aux portes de Paris. Que l'on songe à la montée et la radicalisation de l'islam dans nos banlieues qui font fuir les premiers habitants autochtones de ces banlieues devenues des zones de non-droit, où même la police n'ose plus entrer, et où le trafic de drogue fait la loi. En mars 2005 le journal le Monde titrait « le spectre des violences anti-blanc » dirigés contre les médecins, les chauffeurs de bus, les policiers, les professeurs. Le 13 février 2012 les députés admettent que « le souci est de lutter plus efficacement contre les actes de délinquance commis par une frange de la population qui a fait de la violation de la loi pénale son mode de vie ». Pour justifier les expulsions du territoire, un député explique que « le nombre de ressortissants mis en cause dans les cambriolages ou vols avec violence depuis 2008 a respectivement augmenté de 40% et de 37,4% ».Tout le monde peut constater ces faits de la vie quotidienne, évoqués à la télévision et dans la presse : on donne l'âge, le statut social de l'auteur des méfaits parfois son domicile ou le lycée qu'il fréquente mais jamais ces faits ne sont rapportés à l'origine étrangère ou immigrée des personnes. Autant de faits qui laissent dire à 60% de Français selon un sondage SOFRES du mois dernier que « l'on ne se sent plus en France » ou « qu'il y a trop d'étrangers. » Mais les coûts ne sont pas évoqués, car le grand public ne dispose pas des chiffres correspondants.
 
b) On refuse aussi de voir les chiffres :
Puisque ces faits sont connus de tous, on devrait pouvoir les chiffrer ; or, on refuse de nous donner les statistiques. Témoin le livre de Michèle Tribalat, chercheur à l'INED, intitulé Les yeux grands fermés qui regrette qu'il n'y ait pas « de statistiques adéquates » et montre les vicissitudes qu'elle a connues pour publier des statistiques, qui deviennent « secret défense» et pratiquement inaccessibles aux chercheurs. « Nous n'avons ni registre de la population ni registre des étrangers... Pourquoi cette lacune ? Par respect de la personne humaine....De qui se moque-t-on ?... On sait que le plus petit Français est fiché par les impôts, la mairie, le téléphone, l'URSSAF... mais le ministre de l'Intérieur ne publie que des estimations !... La guerre des chiffres est une véritable guerre idéologique ». Ce livre aurait pu être sous-titré « Les tribulations d'un chercheur de l'INED» !
A quoi servent des statistiques dont on ne peut publier les analyses ? Alors que la Grande-Bretagne et les USA publient sans complexe ni tabou des rapports sur le problème de l'immigration, ceux-ci ne sont ni traduits ni publiés en France. On mentionnera ici le débat sur les statistiques ethniques, où, derrière les grandes déclarations de principe, on finit par se demander si l'on ne veut pas éviter de déboucher sur des conclusions gênantes : par exemple, on s'est habitué à l'idée que les pauvres immigrés comptent beaucoup plus de chômeurs que les Français , mais on sait rarement qu'il y a moins de chômeurs chez les Portugais vivant en France que chez les Français eux-mêmes, ce qui risquerait d'être vexant pour les autres immigrés... mais aussi pour nous.

Plus grave, on nous donne un certain nombre de chiffres, mais en déformant leur présentation ou en occultant complètement la dimension de ces chiffres liés à l'immigration : Le 20 Avril 2004, l'INED annonce « la France n'est plus un pays d'immigration massive» ; « Il n'y a pas plus d'étrangers dans notre pays qu'il y a 30 ans » déclare un député à l'Assemblée nationale. Aussitôt la presse s'empare de cette phrase pour en faire une donnée de référence. Le député a simplement oublié le nombre d'étrangers naturalisés pendant cette période ! On nous dit aussi que la natalité française est la meilleure d'Europe mais sans dire que cela est largement dû à l'immigration. On se souvient de cette photo du Figaro du 19 janvier 2011 en première page montrant 9 charmants bambins blancs, sous le titre : « Les Françaises n'ont jamais eu autant d'enfants depuis 35 ans » !!! On apprend d'autre part que les mariages mixtes entre Français et étrangers sont en augmentation rapide, ce que l'on pourrait interpréter comme un succès de l'intégration par le mariage, mais on oublie de nous dire que bon nombre de ces prétendus mariages mixtes se font entre 2 personnes de même origine étrangère, dont l'une a déjà la nationalité française et l'autre non. On nous fait croire à l'intégration alors que c'est l'endogamie qui progresse.
On a la nette impression qu'en France le gouvernement brouille sciemment les cartes, gêné de dire la vérité aux Français, d'annoncer des résultats qui sont politiquement incorrects. Mais s'agit-il uniquement du gouvernement ?
   
 
2) Qui nous refuse l'accès à ces connaissances ?
   
   
a) Les médias, dont ce serait le devoir de les diffuser manquent d'objectivité dans la présentation des faits et font passer presque uniquement le message d'une immigration positive pour la France, voire idyllique, « une chance pour la France » comme le disait déjà en 1984 Bernard Stasi. Par contre, les médias ne manquent pas de se mobiliser pour le moindre incident affectant une famille immigrée ; par exemple on montre une famille d'immigrés clandestins menacés d'expulsion alors que ses enfants sont scolarisés en France. On nous donne les photos des associations manifestant devant l'école, et les interviews des parents et des amis désolés, mais on ne pense pas à nous rappeler l'absurdité d'une situation où les lois françaises se contredisent entre elles. La presse ne rappellera pas l'ambiguïté de la loi qui oblige les immigrés légaux et clandestins à mettre leurs enfants à l'école alors qu'ils n'ont pas le droit de rester en France. Les médias nous donnent une image complètement unilatérale, basée sur la manipulation des bons sentiments et la mauvaise conscience. En cela, ils suivent certes leur politique de communication, qui divise le monde entre « les gentils et les méchants », les gentils étant les immigrés et ceux qui les soutiennent, et les méchants tous les autres, mais les médias ne suivent-ils pas aussi des consignes qui leur viennent de plus haut ?
   
b) les autorités publiques
     

Le terme d' « autorités publiques » est bien sûr très large, en fait celles-ci sont caractérisées par une grande multiplicité, qui rend leur action moins lisible et brouille les pistes.
- Le gouvernement et le parlement, théoriquement souverains, sont ainsi liés aux institutions européennes, elles-mêmes très engagées en faveur de l'immigration, dans un jeu complexe, où ils peuvent soit prendre l'initiative de lois ou de règlements, soit dire qu'ils sont obligés de le faire au nom du droit européen, qu'ils choisissent ou non de respecter en pratique (cas des réfugiés tunisiens arrivés à Lampedusa, passés par l'Italie et interceptés par la France à Menton, en violation des accords de Schengen).

Le problème est là, quotidiennement sous nos yeux. Au lieu de regarder la vérité en face, nos élus et nos fonctionnaires préfèrent proposer des décrets ou des lois, qui se succèdent sans cohérence. Par exemple, lorsque le gouvernement de Giscard d'Estaing a proposé en 1974 le regroupement familial, il n'a pas réfléchi au coût que cela pourrait représenter des décennies plus tard. Alors qu'en France nous tendons à remplacer notre politique familiale par une politique sociale, nous pratiquons une politique familiale pour les immigrés. C'est tout de même un comble ! La spirale infernale du regroupement familial a commencé et n'a pas cessé puisque aucun gouvernement n'a eu le courage de reconnaître que c'était une erreur fatale, et personne n'a voulu revenir sur ce principe. Au contraire, les Allemands, les Danois, les Autrichiens ont des lois pour restreindre le regroupement familial, qui pour eux n'est pas une fin en soi. Sans compter que cette immigration au seul motif du regroupement familial n'assure ni emploi ni logement, et surtout rend l'immigration définitive.
Trois ans après, en 1977, le secrétaire d'Etat aux travailleurs manuels et immigrés du gouvernement Barre, Lionel Stoléru lance l'opération du « million » pour inciter les étrangers à rentrer chez eux, mais en même temps on instaure des « cours de langue et de civilisation d'origine »dans nos écoles, ce qui est pour le moins paradoxal ! En 1978, on ne renouvellera pas les 500 000 cartes de travail mais en 1979, elles seront toutes renouvelées. Enchevêtrement de promesses non tenues, de tergiversations, un pas en avant, deux pas en arrière : on dit une chose et on en fait une autre, cette politique empêche de faire avancer les choses et finalement les Français ne comprennent plus rien à ce double langage.
Les autorités judiciaires : les politiques publiques sont à la fois encadrées (Conseil Constitutionnel) et appliquées (tribunaux judiciaires et administratifs, police) de façon si diverse qu'elles contribuent à la confusion générale. En 1979 Christian Bonnet, ministre de l'Intérieur fait passer facilement une loi facilitant l'expulsion des clandestins ; mais le Conseil Constitutionnel annule l'essentiel de la loi car « c'est une atteinte aux droits de l'homme ». Droits de l'homme qui servent également de base à la CEDH (Cour européenne des droits de l'homme) : le 30 Janvier 2012, le Figaro titrait « Les juges européens de la CEDH sous le feu des critiques » : au nom des droits de l'homme, ils imposent leurs vues sur les questions de société. Une ingérence de plus en plus contestée par David Cameron au Conseil de l'Europe, et par les Français (Romain Boffa, professeur à l'université de Lille, ou Astrid Marais, maître de conférence à Paris-Assas), qui dénoncent « le bouleversement de pans entiers de notre législation en contrariant notre politique de lutte contre l‘immigration ». Ils en arrivent même à parler de « diktat » de la CEDH. Sans compter les autres juridictions européennes, qui veillent à ce que les autorités françaises n'enfreignent pas les règles communautaires, et qui entretiennent par là un jeu complexe qui permet de « se renvoyer la balle » sans prendre ses responsabilités.

Les organismes d'études publics (INSEE et INED... ) dépendent à la fois du gouvernement, qui est leur autorité hiérarchique, et des orientations scientifiques et idéologiques de leurs membres, ce qui fait que malgré quelques progrès (distinction par l'INSEE entre immigrés et étrangers) il reste de nombreuses lacunes dans nos connaissances comme on l'a bien vu ce matin.

Je me suis amusée à relever le nom de quelques uns des différents organismes en charge des questions migratoires : DPM(Direction des populations et des migrations) ; OFPRA (Office français de protection des réfugiés et des apatrides) ; HCI (Haut Conseil à l'Intégration ) ; OSII (Observatoire statistique de l'immigration et de l'intégration) ; OMI (Office des migrations internationales) ; AGDREF (Agence de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France); CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l'homme) ; REM (Réseau européen des migrations) ; GISTI (Groupe d'information et de soutien aux travailleurs immigrés ) ; CRAN( Conseil représentatif des Associations noires) ; Ministère de la Ville et de l'Intégration, Observatoire de la délinquance, etc., etc... Ces organismes, dont la liste n'est pas exhaustive, et au sein desquels sont créées des sous-commissions nombreuses, montrent qu'à défaut de nous donner des informations pertinentes, on est prêt à dépenser beaucoup d'argent pour nous fournir des interprétations basées sur des informations lacunaires. On aurait préféré le contraire.

c) enfin au-delà du refus de donner des informations, il y a aussi le refus le plus spectaculaire et le plus symbolique de tous qui est le refus de demander aux Français ce qu'ils pensent du sujet par un référendum. Mr. Sarkozy nous en annonce peut-être un après sa réélection éventuelle, mais tout ce que l'on peut constater objectivement, c'est qu'il n'y en a pas eu un seul sur ce sujet pendant son premier quinquennat ni même avant. Le coût de l'immigration n'a d'ailleurs été abordé pendant la campagne des présidentielles de 2012 ni par Nicolas Sarkozy ni par François Hollande, alors que les problèmes de financement de notre modèle social étaient au cœur du débat.

La question que l'on peut se poser, face à ce refus de voir une réalité évidente aux yeux de tous les Français, c'est celle du pourquoi...

A jeudi pour la seconde partie...
chris 

Publié dans Enquête

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