Euro : Le pessimisme de plus en plus avoué

Publié le par Christophe

Carte euro   
L'union monétaire survivra-t-elle ?
 
C'est la question posée par la Frankfurter Allgemeine Zeitung pour y répondre le quotidien publie une carte interactive qui illustre la répartition entre euro-optimistes (en vert) et euro-pessimistes (en rouge). La plupart des pessimistes viennent d’Amérique alors que les Européens sont plus optimistes. Ainsi, la Frankfurter Allgemeine Zeitung oppose l’ancien président de la réserve fédérale américaine, Alan Greenspan (pour qui “l’euro s’effondrera”) ou le financier George Soros (qui considère que la direction que prend la crise de l’euro est “potentiellement mortelle”) à l’économiste français Pascal Salin (selon lequel “il n’y a pas de ‘crise de l’euro”).
A noter que les experts américains cités par la Frankfurter Allgemeine Zeitung sont des économistes, alors que parmi les Européens il y a un grand nombre de personnalités politiques, comme Angela Merkel ou François Hollande. Or celles-ci n’ont pas intérêt à se révéler euro-pessimistes.
 
Les entreprises retirent de l’argent d’Europe
 
C'est le titre du journal Autrichien Kurier qui annonce que la confiance dans l’euro s’étiole, les grands groupes craignent une rupture de la zone euro et transfèrent des milliards d’euros vers les Etats-Unis. Entre décembre 2011 et mai 2012, les investisseurs américains ont rapatrié d’Europe près de 50 milliards de dollars. C’est la plus importante rentrée de liquidités aux Etats-Unis depuis 1999.
Le 6 juillet, la compagnie pétrolière néerlandaise Shell a annoncé le transfert de 15 milliards d’euros soit la majorité de ses réserves. 
 
Pour l'Espagne, l'enfer, C'est Maintenant
 
L’Espagne est en récession avec un taux de chômage record à 24,4%, le quart de la population et la moitié des jeunes sont au chômage. Le pays est dans la crainte d'être acculé à demander un plan de sauvetage, comme la Grèce, le Portugal et l'Irlande.
C'est dans ce contexte que le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a présenté il y a quelques jours un vaste plan d'augmentation des prélèvements obligatoires et de diminution des dépenses publiques destiné à réduire le déficit de l’État de 65 milliards d'euros en deux ans et demi. Au menu :
ñ      Réduction des indemnités de chômage (ramenées de 60% à 50%)
ñ      Réduction des traitements et avantages de la fonction publique.
ñ      Nouvelles taxes sur l'énergie,
ñ      Privatisation des infrastructures portuaires, aéroportuaires et ferroviaires
ñ      Suppression des avantages fiscaux dans le secteur immobilier
 
« Il n'y a plus un sou dans les caisses », déclare Cristóbal Montoro, le ministre des Finances.
Les régions de Valence et de Murcie ont lancé un appel à l'aide : elles ne sont plus en mesure de financer leurs services publics. Cinq autres pourraient les imiter.
Face à cette crise gravissime, les marchés imposent des taux d'intérêt exorbitants aux emprunts à dix ans souscrits par l'État espagnol : 7,6 % le 25 juillet, ce n'était pas très loin des 8 % fatidiques qui contraignirent la Grèce, l'Irlande et le Portugal à demander un sauvetage en bonne et due forme à la « troïka » (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). Ce taux a toutefois repassé la barre des 7 % le 26 juillet.
Avec de tels taux d'intérêt, l'Espagne va devoir rembourser 9 milliards d'euros supplémentaires en 2013, et, pour cela, faire de nouvelles économies qui étrangleront un peu plus la consommation et l'emploi ; donc les rentrées d'impôts ; donc la capacité de Madrid à rembourser ses dettes. Un véritable cercle vicieux.
 
Espagne pauvrete 
Le drame se met en place
 
La municipalité explique qu'elle a conclu un accord avec trois chaînes de supermarché pour éviter que la nourriture jetée là après avoir dépassé la date de péremption ne soit récupérée par les habitants du quartiers, poussés là par la crise.
La police municipale se charge de recenser ces personnes, environ 90, dans le besoin et, toujours en accord avec les supermarchés, un panier type de denrées leur est gratuitement remis. L'objectif est double : "Mettre un terme à une pratique qui peut être dangereuse pour la santé et rassurer le public". "Il s'agit de garantir le droit à l'alimentation" des citoyens tout en leur évitant "l'humiliation" et le renoncement "à la dignité", a expliqué le conseiller municipal Eduard Berloso. 
L'opposition socialiste et écologiste ne sont cependant pas d'accord avec cette explication. Pour eux, la municipalité de centre-droit (autonomiste) est surtout préoccupée par des questions d'image de marque.
Peu importe qu'elle est la vérité, pour les familles qui le vivent c'est un drame...
 
Des pillages de supermarchés au nom de la crise
 
En début de semaine, des militants andalous ont pillé les rayons de deux grandes surfaces en vue d'aider les plus démunis. L'initiative qui s'est déroulée à une heure de grande affluence provoque un scandale en Espagne.
Dans le premier, un Mercadona à Ecija (entre Séville et Cordoue), les intrus sont entrés dans la grande surface sous l'oeil bienveillant d'un député de gauche, Sanchez Gordillo. Fonçant à travers les rayons, ils ont rempli leurs chariots de produits de première nécessité. N'ayant aucune intention de passer en caisse, les individus, qui clamaient leur intention de tout redistribuer à des cantines populaires, ont été pris à partie par des employés de la grande surface, provoquant une belle bagarre générale.
 
Le même jour, dans un Carrefour situé à Arcos de la Frontera (près de Cadix), une opération à peu près identique a été menée, avec une issue toutefois plus pacifique, le centre commercial ayant décidé d'offrir aux militants une dizaine de chariots d'une valeur de 1 000 euros. "Le moment est arrivé de mener des actions qui frisent l'illégalité, parce qu'il y a des gens pour qui tout va mal, et nous ne pouvons pas rester les bras croisés", a déclaré un syndicaliste impliqué dans l'opération coup de poing à un journaliste de El Pais.
 
Mercadona a porté plainte. Le ministère de l'Intérieur a jugé cette action "intolérable", et a envoyé dès le lendemain un mandat d'arrêt contre les protagonistes. De son côté, le député Sanchez Gordillo pourrait être amené à comparaître devant les juges. À l'indignation de la droite s'est ajoutée celle de la gauche qui a dénoncé l'irresponsabilité de l'élu. "C'est de la barbarie d'attaquer un supermarché quand on est député", a notamment déclaré le président socialiste d'Andalousie, José Antonio Grinan. La nourriture subtilisée lors de ces raids a été refusée par la Banque alimentaire, étant donné l'irrégularité de leur obtention. Les provisions ont finalement été distribuées gracieusement dans les rues de Séville.
 
Les espagnols ne peuvent plus payer la cantine scolaire
 
Certaines grandes régions d'Espagne comme Madrid, Valence et la Catalogne, en pleine chasse au déficit, veulent autoriser les élèves à apporter leur repas à l'école, mais en les faisant payer. Ces régions affirment qu'il s'agit d'offrir pour la première fois aux enfants la possibilité de venir avec leur panier-repas. En échange, les familles verseraient une participation, qui pourrait atteindre jusqu'à trois euros, afin de couvrir les frais d'entretien et de surveillance du réfectoire.
L'idée, selon ces régions, est donc de permettre aux parents d'économiser en ces temps de grave crise et de chômage record qui touche un actif sur quatre.
Mais le risque c'est de voir la fin des aides publiques fournies aux élèves et le démantèlement de l'école publique.
A titre d'exemple, la région de Madrid reconnaît que ses bourses pour la cantine vont passer de 29 millions d'euros pour l'année 2011-2012, à 16 millions d'euros pour la prochaine année scolaire.
 
La France menacée de récession
 
Selon Reuters l'économie française pourrait retomber en récession au troisième trimestre sous l'impact de la crise qui ébranle les pays du sud de l'Europe, avec pour conséquence de compliquer l'équation budgétaire du gouvernement pour 2012 et surtout 2013, estime la Banque de France.
Pour sa première estimation du produit intérieur brut (PIB) de la période publiée mercredi, la banque centrale anticipe un recul de 0,1%, qui ferait suite à une contraction qu'elle anticipe également à 0,1% pour le deuxième trimestre.
 
Le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici a cependant indiqué qu'il maintenait la prévision de croissance de 0,3% en 2012.
 
La banque centrale se montre pour sa part plus pessimiste que l'Insee qui, dans ses dernières prévisions diffusées fin juin, tablait sur un léger rebond (+0,1%) au troisième trimestre après une croissance nulle sur le premier comme sur le deuxième trimestres.
L'institut publiera le 14 août les chiffres du PIB du deuxième trimestre.
Si les prévisions de la Banque de France se confirment, il s'agirait de la première fois depuis l'hiver 2009 que l'économie française se contracte pendant deux trimestres consécutifs, ce qui définit une récession.
 
La dette expliquée en vidéo
 
Visionnez cette vidéo qui vous explique d'une manière très pédagogique la crise de la dette. Nul besoin d'être économiste pour comprendre tellement c'est clair.
 
   
 
Et maintenant
 
N'attendons aucun espoir de voir nos politiques changer de cap. Ils refuseront d’admettre leur erreur et iront jusqu’au bout, c'est à dire jusqu'à la misère totale en Europe.
D'ailleurs peut ont parler d'erreur ? Nous les pensons incompétents mais à ce niveau on peut se demander s'il n'y a pas autre chose. Si cette appauvrissement de l'Europe est une volonté, il serai intéressant de savoir quel est le vrai but et ce qui nous attend.
N'attendons rien des politiques Européens, tout repose maintenant sur les peuples...  
     
Christophe 
Ref : C0045
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