Europe : Petit tour d'horizon

Publié le par Christophe

Europe vue du ciel   

Je vous propose de faire un petit tour d'horizon de quelques pays d’Europe. Même si je suis contre la communauté Européenne, j'aime les peuples d'Europe et leur quotidien m'intéresse. Libre à vous de passer à autre chose si le sujet ne vous passionne pas mais sachez que ce qui passe aujourd'hui à Debrecen ou à Sopot aura peut-être une influence sur ce qui se passera demain à Saint Paulet de Caisson ou à Santa Magdalena de Pulpis...

Si les instances européennes subissent la pression du G20 à propos de leurs nations historiques qui menacent toujours l'économie mondiale (Espagne, Grèce), celle-ci mettent à leur tour la pression sur les petits derniers de l'Europe.

http://www.20minutes.fr/economie/1035676-g20-mexico-zone-euro-nouveau-sous-pression

D'autres se mettent la pression tout seul ou voient leur situation s’améliorer...

 

 

ESPAGNE : Une austérité courageuse malgré les trahisons internes

 

Lors du G20 des ministres des Finances dimanche dernier à Mexico, un responsable canadien ne comprenant pas le refus espagnol de ne pas bénéficier des aides européennes de manière plus accrue a ainsi déclaré :

"Nous voulons y voir plus clair sur l'Espagne", qui hésite toujours à faire appel aux mécanismes d'aide européens, "et sur les autres États européens en difficulté".

Plutôt que de s'éterniser sur les raisons pour lesquelles Madrid ne demande pas ce soutien, le ministre espagnol Luis de Guindos a préféré "expliquer le plan de réformes" mises en œuvre.

L'espagne est encore un pays souverain et des mesures d'austérités ont été prises par son gouvernement pour redresser l'économie. Qu'on laisse le temps aux espagnols le temps de voir si leur souffrances vont porter leur fruits ! Si cela ne marche pas, il sera toujours temps de saborder le pays en demandant plus d'aides européennes.

Comme si cela ne suffisait pas, aux difficultés financières et à la pression du G20, s'ajoutent les revendications Catalanes.

http://www.abc.es/20121104/espana/abci-tribunales-constituciones-201211041454.html

 

Le président du gouvernement régional de la Catalogne Artur Mas, a déclaré dimanche que « ni les tribunaux, ni la Constitution ne peuvent arrêter le processus souverainiste en Catalogne enclenché le 11 septembre par la manifestation indépendantiste à Barcelone ». Il appelle à un référendum sur l’indépendance de la région d’ici 4 ans, la Catalogne voulant devenir un Etat comme les autres en Europe, et a demandé que la voix de la rue se transforme en voix dans les sondages.

 

 

GRECE : le drame plutôt que le Drachme

 

Toujours à Mexico le 4 novembre 2012, les États-Unis ont eux pressé les Européens d'aider la Grèce, à retrouver « une trajectoire viable ».

Les négociations en cours entre la Grèce et ses créanciers internationaux (BCE, Union européenne et FMI) butent sur les moyens de financer le pays, en récession pour la cinquième année consécutive, sans aggraver la dette publique qui devrait dépasser cette année 170% du produit intérieur brut. Un haut responsable du Trésor américain a même laissé entendre que la zone euro devrait se résoudre à accepter de restructurer la dette d'Athènes à son égard. Le spectre d'une sortie de la Grèce de l'Union monétaire resurgis. « Nous devons sauver le pays de la catastrophe, si nous échouons à rester dans l'euro rien n'aura de sens » a déclaré Antonis Samaras alors que le Parlement grec doit voter prochainement de nouvelles mesures de rigueur réclamées par l'UE et le FMI en échange d'une nouvelle tranche d'aide vitale pour la Grèce. Ces votes sont la condition pour que le pays « en finisse définitivement et irrévocablement avec le danger d'un retour à la drachme, » a insisté Antonis Samaras. Le gouvernement doit soumettre ce lundi au Parlement les mesures d’austérité nécessaires pour obtenir le versement de 31,5 milliards d’aide internationale et éviter le défaut de paiement. Le Premier ministre Antonis Samaras a reçu dimanche ses partenaires de la coalition pour tenter de régler les désaccords, et a prévenu qu’un vote négatif du Parlement pourrait signifier un retour à la drachme. http://www.tanea.gr/ellada/article/?aid=4765026

 

 

BULGARIE : Pas assez dhimmie pour Bruxelles

 

« Changement de ton », titre « Kapital » pour décrire la récente dégradation des relations entre Bruxelles et la Bulgarie.  

http://www.capital.bg/politika_i_ikonomika/redakcionni_komentari/2012/11/02/1938885_smiana_na_tona/

L'hebdomadaire économique de Sofia précise que trois sérieux avertissements ont été adressés en quelques jours seulement aux autorités du pays.

Début octobre, la commissaire européenne à la Stratégie numérique Neelie Kroes a ainsi adressé une lettre au Premier ministre bulgare Boïko Borissov pour s'inquiéter du manque de liberté de la presse. Quelques jours plus tard, c'était au tour de l'ambassadeur d'Allemagne à Sofia de protester parce que selon lui son interview avait été censurée dans un grand quotidien de la capitale.

Enfin, le journal rappelle que Bruxelles avait ouvertement critiqué la semaine dernière la nomination par le Parlement bulgare des nouveaux membres de la Cour constitutionnelle, s'inquiétant de « l'intégrité et du professionnalisme » de certains d'entre eux.

Finalement rien de bien méchant, au contraire, les Bulgares ne sont pas assez dhimmis au goût des instances européennes et ça c'est plutôt pas mal...

 

 

POLOGNE : entre l'affaire de Smolensk et l'industrie automobile

 

La crise politique continue après les déclarations de Jarosław Kaczyński, le chef de file du PiS (Droit et Justice), le principal parti d’opposition polonais, accusant le gouvernement de Donald Tusk de complicité de crime et exigeant sa démission le 30 octobre.

http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief/2977281-la-tragedie-de-smolensk-toujours-aussi-explosive

Kaczyński faisait allusion au scénario d’une explosion expliquant l'accident d'avion de Smolensk, le 10 avril 2010, dans lequel 96 hauts responsables polonais dont le président Lech Kaczyński (le frère jumeau de Jarosław), ont trouvé la mort. Le 30 octobre, le journal Rzeczpospolita suggérait en une que des traces de TNT et de nitroglycérine avaient été trouvées dans l’épave de l’avion présidentiel.

http://www.rp.pl/artykul/459542,947282-Trotyl-na-wraku-tupolewa.html

Cependant, comme pour se donner de l'air avec du moins dramatique, les Polonais déplorent que leur pays n’est plus le premier fabricant de voitures d’Europe centrale. Il y a trois ans, l’usine Fiat de Tychy, dans le sud du pays, produisait 600 000 véhicules par an ; en 2013, seulement 250 000 voitures y seront assemblées. L’industrie automobile polonaise, qui générait 13,6% de la production industrielle du pays en 2010 et emploie près de 115 000 personnes, a été dépassée par ses concurrentes en République tchèque, en Slovaquie et en Hongrie.

http://wyborcza.pl/1,91446,12795199,_Gazeta_Wyborcza___Europa_jedzie__my_sie_cofamy.html

 

 

SLOVAQUIE : retour des cerveaux

 

La crise qui frappe l’Europe de l’Ouest provoque une fuite des cerveaux à l’envers, avec le retour en Slovaquie de spécialistes, notamment des nouvelles technologies, après quelques temps passé en Irlande, en Italie ou ailleurs. Quand les entreprises de ces pays réduisent leurs effectifs, les étrangers sont les premiers à partir, selon le quotidien de Bratislava, ajoutant qu’aujourd’hui, les départs ralentissent : seulement 100 000 personnes ont quitté la Slovaquie cette année contre 170 000 en 2007. http://profesia.pravda.sk/ludske-zdroje/clanok/75547-kriza-vracia-mozgy-z-cudziny-na-slovensko/

 

 

HONGRIE : Les terres agricoles valent de l'or

 

En 2014, les étrangers pourront acheter les terres agricoles, pour l’instant réservées aux Hongrois. paysans et riches personnalités souvent proches du pouvoir s’affrontent pour les parcelles les plus intéressantes. La Hongrie n'a pas de pétrole, mais elle a des terres arables, plus de 5 millions d'hectares, qui aiguisent les appétits. L'interdiction d'achat imposée depuis 1994 à tous les étrangers en Hongrie, prolongée lors de l'adhésion à l'Union européenne, en 2004, devrait prendre fin en mai 2014. En bordure de la frontière autrichienne il y a six à huit fois plus de candidats que de lots disponibles. Aujourd'hui, la tension monte entre les petits paysans hongrois, frustrés de crédits, et les « oligarques », souvent proches de Viktor Orbán, qui ont bénéficié des récentes attributions de terres (quelque 100 000 hectares) que l'Etat leur loue à très bas prix, sur vingt ans. Elles valent littéralement, de l'or. L'agriculture est une excellente affaire, grâce aux subventions européennes d'environ 200 euros à l'hectare, et à l'exonération, pendant au moins cinq ans, de l'impôt sur le revenu des exploitations. Les malins empochent ainsi jusqu'à 75 millions de forints (près de 264 000 euros) par an pour 1 000 hectares. Les médias hongrois soulignent que 58 % des députés siégeant au Parlement de Budapest ont des terres, le plus souvent affermées à des tiers.

http://www.lemonde.fr/international/article/2012/10/29/la-hongrie-n-a-pas-de-petrole-mais-des-terres-agricoles_1782594_3210.html

 

 

RÉPUBLIQUE TCHÈQUE : Entre guerre du nucléaire et renaissance des communistes

 

Les projets de nouveaux réacteurs nucléaires deviennent rares en Europe. Celui de Temelín n’en est que plus intéressant. Russes et Américains se livrent à une compétition qui mobilise dirigeants politiques, lobbyistes et services secrets. Le contrat est évalué entre 8 et 12 milliards d’euros et le groupe français Areva, qui était candidat à l’appel d’offres, en a été écarté le 5 octobre parce qu’il ne satisfaisait pas aux exigences légales, selon la compagnie tchèque d’électricité.

Le dernier mot revient au gouvernement, qui n’a montré aucune préférence. Et il est assez facile de deviner quel concurrent a la préférence du président Václav Klaus pour construire les nouveaux réacteurs de Temelín. Déjà en 2009, lors d’une visite en Russie, il avait déclaré que « c’était une bonne chose qu’une grande entreprise russe cherche à contribuer à la poursuite de la politique énergétique tchèque dans le domaine du nucléaire ». A l’occasion d’une rencontre organisée en 2011 avec son homologue de l’époque, Dimitri Medvedev, il avait déclaré que les Russes étaient ceux qui, comparativement, offraient pour l’instant aux entreprises tchèques les plus grandes perspectives de participation aux travaux de sous-traitance.

http://ekonom.ihned.cz/c1-57781180-tydenik-ekonom-vyzpovidal-rusy-a-americany-proc-by-prave-oni-meli-dostavet-temelin

Les élections régionales de la mi octobre ont été marquées par une spectaculaire avancée des communistes (KSČM) qui ont obtenu 20% des suffrages au niveau national, leur score le plus élevé depuis la chute du communisme, en 1989. Pour la première fois de son histoire, le parti social-démocrate (ČSSD, 24% des voix) envisage la possibilité de former une coalition gouvernementale avec le Parti communiste, toujours inspiré de l’Union soviétique.

http://zpravy.ihned.cz/politika/c1-57907490-komuniste-se-drzeli-u-moci-popravami-cesi-je-stejne-voli-to-je-unikat-rika-historik

Les communistes ont remporté (c'est amusant) la région de Karlovy Vary, ville thermale où les oligarques et les mafieux Russes sont bien implantés. La ville vaut le détour, je vous la conseille.

Ce résultat au niveau national pouvait entraîner la chute du gouvernement de droite, la politique d’austérité du Premier ministre Petr Nečas passe mal. A l’issue de son congrès qui se tenait ce dimanche, le Premier ministre tchèque Petr Nečas a été réélu à la tête du Parti civique démocrate (ODS, centre-droit). Le quotidien de Prague note que désormais, il doit venir à bout de la fronde interne qui menace de faire tomber son gouvernement, à propos du relèvement de 1% de la TVA qui devrait être voté au Parlement ce mercredi.

http://hn.ihned.cz/c1-58284800-necas-dostal-dva-dny-aby-zachranil-vladu

 

 

ROUMANIE : La lutte vaine pour un Etat vraiment incorruptible

 

La politique anti-corruption mise en place par les différents gouvernements, avec le soutien de l’UE, est non seulement inefficace, mais elle aggrave le problème, estime Alina Mungiu-Pippidi une éditorialiste roumaine. La solution est une réforme de l’ensemble de l’Etat. Mais pour cela, il faudrait que les politiques prennent leurs responsabilités.

http://www.romanialibera.ro/opinii/comentarii/cum-sa-nu-reformezi-statul-282290.html

Des dizaines de contrôleurs de train corrompus ont récemment été arrêtés, des arrestations ont eu lieu parmi les agents des douanes et les gardes-frontières, mais, bénéfice est nul car on a dépensé une petite fortune en enquêtes, en infiltration de policiers etc... Il y a même eu des arrestations spectaculaires au milieu de la nuit, suivies de libérations le lendemain par les tribunaux. D’innombrables dossiers pénaux ont été ouverts, certains allant jusqu'au procès, dont nous ne verrons l'(in)utilité que dans plusieurs années. Mais au fond, rien n’a changé.

L'Etat feint de croire que les médecins et les infirmières peuvent faire leur travail en étant payés ce qu'ils sont payés, ce qui est impossible. Ce manque à gagner dans le coût des services et du travail est donc compensé par les pots-de-vin.

De même, dans le domaine des chemins de fer roumains (CFR), où le resquillage a explosé après la mise en place presque simultanée de l'intelligent conseil du FMI d'augmenter le prix des billets, et de la non moins brillante idée autochtone de réduire de 25% les salaires des contrôleurs. Même chose du côté des douanes, où le sommet historique de la contrebande de cigarettes a été atteint en janvier 2010, après que le gouvernement a augmenté le droit d’accise (impôt perçu, indirectement, sur la consommation de tabac). Entre temps, la Commission européenne a émis des rapports positifs sur le travail de la DNA (Direction nationale anti-corruption), mais deux tiers des Roumains considèrent que la corruption n'a fait qu'augmenter.

 

chris 

Publié dans Revue de presse

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