l’Amérique-monde et la Russie

Publié le par Christophe

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Alors que les Etats-Unis tentent, depuis le 11 septembre 2001, d'accélérer leur projet de transformation du monde à l'image de la société démocratique et libérale rêvée par leurs pères fondateurs, des civilisations non occidentales comme la Russie et la chine se dressent sur leur chemin et affirment leur volonté de puissance.

L'islamisation est l'instrument devant conduire à la mondialisation et nos politiques nous ont vendu à cette doctrine pour quelques litres de pétrole.

 

Je vous ai expliqué comment les USA de l'administration Obama manipulent nos banlieues pour arriver à leurs fins avec notamment les actions de Charles Rivkin l'ambassadeur des USA à Paris.

Ici : http://www.fn78-1.fr/article-bilal-asselah-nightrunner-106275349.html 

Tout se déroule bien, les printemps arabes se succèdent et le projet Eurabia se met en place avec l'aide de l'OCI. Mais il y a un grain de sable ...

 

Un pays comme la Russie, qui ne manque pas de pétrole, a décidé sous l'impulsion de Vladimir Poutine de résister et de compter dans le monde moderne. Il s'avère que le président Russe est l’empêcheur de tourner en rond pour ceux qui veulent la mondialisation et l'islamisation. Je vous avis écris que Poutine n'est pas un dhimmi il y a quelques temps.

Ici : http://www.fn78-1.fr/article-souleymane-vladimir-poutine-n-est-pas-un-dhimmi-108444004.html 

       

Mais cette résistance n'est pas sans conséquences pour lui et il doit faire face à de multiples opérations de déstabilisations. Outre les ONG manipulées et les ONG crées pour lui nuire, outre les tentatives d'embrasement des musulmans Tatares, il y a également les actions perpétrés au travers d'idiots utiles tel que le groupe Pussy Riot. Je vous ai relaté comment elles sont manipulées et qui elles sont vraiment dans un dossier.

Ici : http://www.fn78-1.fr/article-le-dossier-pussy-riot-femen-111282113.html

 

 

L'opinion d'un géopoliticien

 

Pour illustrer la gêne occasionnée par la Russie de Poutine aux projets américains je vous proposes de lire de larges extraits d'un article publié le 11 septembre 2009 par monsieur Aymeric Chauprade qui n'a pas pris une ride et intitulé : La Russie, obstacle majeur sur la route de "l’Amérique-monde" aymeric chauprade

 

Aymeric Chauprade, est un écrivain, politologue et géopoliticien français :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Aymeric_Chauprade

Élève et disciple de François Thual :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Thual

 

À la suite de la parution de son ouvrage Chronique du choc des civilisations, Aymeric Chauprade accusé de complaisance envers les théories conspirationnistes sur les attentats du 11 Septembre. A été viré, début février 2009, de sa chaire au Collège interarmées de défense (CID), sur une décision expresse du ministre de la défense (tutelle) Hervé Morin :

http://www.polemia.com/article.php?id=2329

Durant cette controverse, Aymeric Chauprade (qui a porté plainte contre le ministre) a reçu le soutien d'élèves du CID d'où sortent les futurs généraux Français.

Le CID : http://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A8ge_interarm%C3%A9es_de_d%C3%A9fense

 

Le 24 mars 2009, le tribunal administratif de Paris donne raison à A. Chauprade et suspend la décision d'Hervé Morin, estimant que le ministre avait porté atteinte à une « liberté fondamentale », celle des droits de la défense; le 1er juin 2011, le Tribunal administratif de Paris confirme l'annulation de la décision prise par le ministre Morin.

Il anime depuis janvier 2010 un site internet qui ambitionne de fédérer les spécialistes de géopolitique qui placent le fait identitaire au cœur de leurs analyses : http://www.realpolitik.tv/

 

Analyse géopolitique de Aymeric Chauprade :

La Russie, obstacle majeur sur la route de "l’Amérique-monde" vendredi, 11 septembre 2009.

Vous pouvez retrouver l'intégralité du texte ici :

http://www.theatrum-belli.com/archive/2009/09/11/aymeric-chauprade-la-russie-obstacle-majeur-sur-la-route-de.html

 

"Alors que les Etats-Unis tentent, depuis le 11 septembre 2001, d'accélérer leur projet de transformation du monde à l'image de la société démocratique et libérale rêvée par leurs pères fondateurs, les civilisations non occidentales se dressent sur leur chemin et affirment leur volonté de puissance.

 

La Russie, en particulier constitue un obstacle géopolitique majeur pour Washington. Elle entend défendre son espace d'influence et montrer au monde qu'elle est incontournable sur le plan énergétique.

L'un des auteurs classiques de la géopolitique, Halford J. Mackinder (1861-1947), un amiral britannique, qui professa la géographie à Oxford, défendait comme thèse centrale que les grandes dynamiques géopolitiques de la planète s'articulaient autour d'un cœur du monde (heartland), l'Eurasie. Pivot de la politique mondiale que la puissance maritime ne parvenait pas à atteindre, l'Eurasie avait pour cœur intime la Russie, un Empire qui occupait dans l'ensemble du monde la position stratégique centrale qu'occupe l'Allemagne en Europe.

 

Autour de cet épicentre des secousses géopolitiques mondiales, protégé par une ceinture faite d'obstacles naturels (vide sibérien, Himalaya, désert de Gobi, Tibet) que Mackinder appelle le croissant intérieur, s'étendent les rivages du continent eurasiatique : Europe de l'Ouest, Moyen-Orient, Asie du Sud et de l'Est.

Au-delà de ces rivages, par-delà les obstacles marins, deux systèmes insulaires viennent compléter l'encadrement du heartland : la Grande-Bretagne et le Japon, têtes de pont d'un croissant plus éloigné auquel les États-Unis appartiennent.

 

Selon cette vision du monde, les puissances maritimes mondiales, les thalassocraties que défend Mackinder, doivent empêcher l'unité continentale eurasiatique.

Elles doivent donc maintenir les divisions est/ouest entre les principales puissances continentales capables de nouer des alliances (France/Allemagne, Allemagne/Russie, Russie/Chine) mais aussi contrôler les rivages du continent eurasiatique.

 

Cette matrice anglo-saxonne, que l'on peut appliquer au cas de l'Empire britannique au XIXe siècle, comme à celui de la thalassocratie américaine au XXe siècle, reste un outil pertinent pour comprendre la géopolitique d'aujourd'hui.

 

La théorie de Mackinder nous rappelle deux choses que les thalassocraties anglo-saxonnes n'ont jamais oubliées : il n'y a pas de projet européen de puissance (d'Europe puissance) sans une Allemagne forte et indépendante (or l'Allemagne reste largement sous l'emprise américaine depuis 1945) ; il n'y pas d'équilibre mondial face au mondialisme américain sans une Russie forte.

 

L'Amérique veut l'Amérique-monde ; le but de sa politique étrangère, bien au-delà de la seule optimisation de ses intérêts stratégiques et économiques du pays, c'est la transformation du monde à l'image de la société américaine. L'Amérique est messianique et là est le moteur intime de sa projection de puissance. En 1941, en signant la Charte de l'Atlantique, Roosevelt et Churchill donnaient une feuille de route au rêve d'un gouvernement mondial visant à organiser une mondialisation libérale et démocratique. Jusqu'en 1947, l'Amérique aspira à la convergence avec l'URSS dans l'idée de former avec celle-ci un gouvernement mondial, et ce, malgré l'irréductibilité évidente des deux mondialismes américain et soviétique. Deux ans après l'effondrement européen de 1945, les Américains comprirent qu'ils ne parviendraient pas à entraîner les Soviétiques dans leur mondialisme libéral et ils se résignèrent à rétrécir géographiquement leur projet : l'atlantisme remplaça provisoirement le mondialisme.

 

Puis, en 1989, lorsque l'URSS vacilla, le rêve mondialiste redressa la tête et poussa l'Amérique à accélérer son déploiement mondial. Un nouvel ennemi global, sur le cadavre du communisme, fournissait un nouveau prétexte à la projection globale : le terrorisme islamiste. Durant la Guerre froide, les Américains avaient fait croître cet ennemi, pour qu'il barre la route à des révolutions socialistes qui se seraient tournées vers la Russie soviétique. L'islamisme sunnite avait été l'allié des Américains contre la Russie soviétique en Afghanistan. Ce fut le premier creuset de formation de combattants islamistes sunnites, la matrice d'Al Qaida comme celle des islamistes algériens.

(...)

L'islamisme a toujours été utile aux Américains, tant dans sa situation d'allié face au communisme durant la Guerre froide, que dans sa nouvelle fonction d'ennemi officiel depuis la fin de la bipolarité. Certes, les islamistes existent réellement ; ils ne sont pas une création imaginaire de l'Amérique ; ils ont une capacité de nuisance et de déstabilisation indéniable. Mais s'ils peuvent prendre des vies, ils ne changeront pas la donne de la puissance dans le monde.

La guerre contre l'islamisme n'est que le paravent officiel d'une guerre beaucoup plus sérieuse : la guerre de l'Amérique contre les puissances eurasiatiques.

(...)

les buts réels de la nouvelle grande guerre eurasiatique : la Chine comme cible, la Russie comme condition pour emporter la bataille.

La Chine comme cible parce que seule la Chine est une puissance capable de dépasser l'Amérique dans le rang de la puissance matérielle à un horizon de vingt ans. La Russie comme condition parce que de son orientation stratégique découlera largement l'organisation du monde de demain : unipolaire ou multipolaire.

(...)

Pour étendre encore l'OTAN et resserrer l'étau autour de la Russie, les Américains ont fomenté les révolutions colorées (Géorgie en 2003, Ukraine en 2004, Kirghizstan en 2005), ces retournements politiques non violents, financés et soutenus par des fondations et des ONG américaines, lesquelles visaient à installer des gouvernements anti-russes.

(...)

La Russie était empêtrée dans le conflit tchétchène, remué largement par les Américains comme d'ailleurs l'ensemble des abcès islamistes. Le monde semblait s'enfoncer lentement mais sûrement dans l'ordre mondial américain, dans l'unipolarité.

En 2000, un événement considérable, peut-être le plus important depuis la fin de la Guerre froide (plus important encore que le 11 septembre 2001) se produisit pourtant : l'accession au pouvoir de Vladimir Poutine. L'un de ces retournements de l'histoire qui ont pour conséquences de ramener celle-ci à ses fondamentaux, à ses constantes.

 

Poutine avait un programme très clair : redresser la Russie à partir du levier énergétique. Il fallait reprendre le contrôle des richesses du sous-sol des mains d'oligarques peu soucieux de l'intérêt de l'Empire. Il fallait construire de puissants opérateurs pétrolier (Rosneft) et gazier (Gazprom) russes liés à l'Etat et à sa vision stratégique. Mais Poutine ne dévoilait pas encore ses intentions quant au bras de fer américano-chinois. Il laissait planer le doute. Certains, dont je fais d'ailleurs partie puisque j'analysais à l'époque la convergence russo-américaine comme passagère et opportune (le discours américain de la guerre contre le terrorisme interdisait en effet momentanément la critique américaine à propos de l'action russe en Tchétchénie), avaient compris dès le début que Poutine reconstruirait la politique indépendante de la Russie ; d'autres pensaient au contraire qu'il serait occidentaliste. Il lui fallait en finir avec la Tchétchénie et reprendre le pétrole. La tâche était lourde. Un symptôme évident pourtant montrait que Poutine allait reprendre les fondamentaux de la grande politique russe : le changement favorable à l'Iran et la reprise des ventes d'armes à destination de ce pays ainsi que la relance de la coopération en matière de nucléaire civil.

 

Pourquoi alors l'accession de Poutine était-elle un événement si considérable ?

Sans apparaître à l'époque de manière éclatante, cette arrivée signifiait que l'unipolarité américaine, sans la poursuite de l'intégration de la Russie à l'espace transatlantique, était désormais vouée à l'échec, et avec elle, par conséquent, la grande stratégie visant à briser la Chine et à prévenir l'émergence d'un monde multipolaire.

 

Au-delà encore, nombre d'Européens ne perçurent pas immédiatement que Poutine portait l'espoir d'une réponse aux défis de la compétition économique mondiale fondée sur l'identité et la civilisation. Sans doute les Américains, eux, le comprirent-ils mieux que les Européens de l'Ouest. George Bush n'en fit-il pas l'aveu lorsqu'il avoua un jour qu'il avait vu en Poutine un homme habité profondément par l'intérêt de son pays ?

Le 11 septembre 2001 offrit pourtant l'occasion aux Américains d'accélérer leur programme d'unipolarité. Au nom de la lutte contre un mal qu'ils avaient eux-mêmes fabriqués, ils purent obtenir une solidarité sans failles des Européens (donc plus d'atlantisme et moins « d'Europe puissance »)

(...)

Le jeu de Poutine apparaît désormais au grand jour. Il pouvait s'accorder avec Washington pour combattre le terrorisme qui frappait aussi durement la Russie. Il n'avait pas pour autant l'intention d'abdiquer quant aux prétentions légitimes de la Russie : refuser l'absorption de l'Ukraine (car l'Ukraine pour la Russie c'est une nation sœur, l'ouverture sur l'Europe, l'accès à la Méditerranée par la mer Noire grâce au port de Sébastopol en Crimée) et de la Géorgie dans l'OTAN. Et si l'indépendance du Kosovo a pu être soutenue par les Américains et des pays de l'Union européenne, au nom de quoi les Russes n'auraient-ils pas le droit de soutenir celles de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, d'autant que les peuples concernés eux-mêmes voulaient se séparer de la Géorgie ?

 

Mackinder avait donc raison. Dans le grand jeu eurasiatique, la Russie reste la pièce clé. C'est la politique de Poutine, bien plus que la Chine (pourtant cible première de Washington car possible première puissance mondiale) qui a barré la route à Washington. C'est cette politique qui lève l'axe énergétique Moscou (et Asie centrale)-Téhéran-Caracas, lequel pèse à lui seul ¼ des réserves prouvées de pétrole et près de la moitié de celles de gaz (la source d'énergie montante). Cet axe est le contrepoids au pétrole et au gaz arabes conquis par l'Amérique. Washington voulait étouffer la Chine en contrôlant l'énergie. Mais si l'Amérique est en Arabie Saoudite et en Irak (1ère et 3e réserves prouvées de pétrole), elle ne contrôle ni la Russie, ni l'Iran, ni le Venezuela, ni le Kazakhstan et ces pays bien au contraire se rapprochent. Ensemble, ils sont décidés à briser la suprématie du pétrodollar, socle de la centralité du dollar dans le système économique mondial (lequel socle permet à l'Amérique de faire supporter aux Européens un déficit budgétaire colossal et de renflouer ses banques d'affaires ruinées).

 

Nul doute que Washington va tenter de briser cette politique russe en continuant à exercer des pressions sur la périphérie russe. Les Américains vont tenter de développer des routes terrestres de l'énergie (oléoducs et gazoducs) alternatives à la toile russe qui est en train de s'étendre sur tout le continent eurasiatique, irriguant l'Europe de l'Ouest comme l'Asie. Mais que peut faire Washington contre le cœur énergétique et stratégique de l'Eurasie ? La Russie est une puissance nucléaire.

Les Européens raisonnables et qui ne sont pas trop aveuglés par la désinformation des médias américains, savent qu'ils ont plus besoin de la Russie qu'elle n'a besoin d'eux. Toute l'Asie en croissance appelle le pétrole et le gaz russe et iranien.

 

Dans ces conditions et alors que la multipolarité se met en place, les Européens feraient bien de se réveiller. La crise économique profonde dans laquelle ils semblent devoir s'enfoncer durablement conduira-t-elle à ce réveil ? C'est la conséquence positive qu'il faudrait espérer des difficultés pénibles que les peuples d'Europe vont endurer dans les décennies à venir".

 

Aymeric CHAUPRADE

ACADÉMIE DE GÉOPOLITIQUE DE PARIS

 

 

 

 chris

Publié dans Décryptage

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