L’amertume des Roumains, citoyens de papier de l'Europe

Publié le par Christophe

romania europe flag

 

Les Roumains les plus naïfs qui ont cru aux beaux discours de l'union européenne vantant les traités européens qui garantissent les droits des citoyens, la libre circulation des personnes et des travailleurs ont l'impression maintenant d'être les dindons de la farce. Ils s'aperçoivent aujourd'hui que dans la pratique les manquements à ces principes sont légion, en particulier vis-à-vis des ressortissants Roumains et Bulgares. Nous n'avons rien contre les Roumains (j'espère ne pas être trop seul sur ce coup) mais le problème c'est que les Roms sont souvent Roumains. Pour nous les Français le problème est bien connu puisque « nos » arabes sont maintenant Français et qu'ils sont donc chez eux en France. Notons au passage qu'il est inutile de leur rappeler, car ils le savent très très bien; faudrait plutôt le remémorer aux Français... Fermons la parenthèse pour dire que si les Français issus de l'immigration sont non expulsables et ce même en cas de comportement illégal, puisque de nationalité Française, il en est de même pour les Roms qui sont indésirables chez nous pour la majorité des Français, bien que Roumains, donc européens, donc libres de circuler et de travailler en France. Les « vrais » Roumains seront toujours victimes de l'amalgame et le beau discours européen les laissera, du moins pour le moment, citoyen de papier de l’Europe...

 

 

« Je suis citoyen européen et j'ai des droits »

 

Depuis quelque temps, presque toutes les chaînes de télévision roumaines diffusent des spots sur le thème « Je suis citoyen européen et j'ai des droits ».

Le citoyen y est mis en scène dans des situations concrètes du quotidien : il a acheté un ordinateur portable qui ne fonctionne pas, il veut rendre un produit acheté en ligne ou sa chambre d'hôtel n'est pas climatisée.

Devant le refus des « prestataires de services », il assène d’un ton résolu et assuré : « Savez-vous qui je suis ? Je suis citoyen européen et j'ai des droits ». Certes, le citoyen roumain-européen apprend que l'UE lui a apporté quelques droits : il peut rendre un produit qui ne lui convient pas ou réclamer des dédommagements. Dans un pays où la corruption est reine, cela lui fait une belle jambe... Mais cette campagne au style ennuyeux n'amuse plus les citoyens Roumains, l'affaire des lasagnes a fait des dégâts, ils semblent bien abattu ces derniers temps. Car certains des droits, dont certains comptent parmi les piliers de la construction européenne (comme celui de travailler et de s'installer n'importe où dans l'UE), ne leurs sont pas accordés. L'époque où l'on parlait d'une « Europe des citoyens » s'est envolée, avec la prise de position britanniqueenvers les Roumains et les Bulgares.

 

 

 

La solidarité européenne est un mythe

 

La solidarité européenne est soit absente soit imposé à chaque fois qu'il faut faire partie d'une galère. Le meilleur exemple est la crise de Chypre ou la solidarité européenne a été imposée pour le pire. Ainsi par décision européenne, des citoyens européens chypriotes ont vu leurs comptes pillés. Mais cela est motivé par le sauvetage de l'euro, qui est notre monnaie à nous tous, donc il faut se montrer solidaire !

Les Roumains aimeraient bien qu'elle soit imposée pour leur permettre de travailler et de s'installer n'importe où dans l'UE comme celle-ci est censé l'autoriser.

Les politiques d'immigration sont un échec et l'Europe est parcourue de millions d'immigrants venus de partout et sous toutes les formes mais surtout illégalement.

 

 

 

Citoyens européens de papier

 

Des citoyens « européens » ont quitté la Roumanie par pauvreté. Oui, certains d'entre eux travaillent au noir car les Etats n'arrivent pas à éradiquer le travail souterrain et échouent dans la mise en pratique du pilier de l'UE traitant de la libre circulation des citoyens et des travailleurs.

Il ne devrait ni y avoir de chômage ni de travail au noir dans toute l’Europe si le système fonctionnait. L'offre et la demande avec toutes les diversités européenne devraient s'harmoniser et il ne devrai exister aucun clandestins et aucune économie souterraine. Pour être simpliste, si je n'ai pas de poste de boulanger en France je devrai pouvoir être boulanger à Prague plutôt que de faire du travail au noir dans le bâtiment à Berlin... Au lieu de cela l'immigration irrégulière ne cesse d'augmenter, le chômage aussi, la précarité aussi, l'insécurité aussi, le travail au noir etc... Il n'y a plus de frontières et c'est plutôt les trafics en tout genre qui prospèrent.

Lorsque j'ai écris supra que les états échouent dans la mise en pratique du pilier de l'UE traitant de la libre circulation des citoyens et des travailleurs, en réalité il n'en est rien. Ils ne peuvent que échouer puisque c'est perdu d'avance. Ce système ne marche pas. L'europe ne marche pas. Les Roumains commencent à le comprendre et ils vont le comprendre encore mieux si un jour l’Europe veut régler à leur place les soucis relationnels qu'ils ont avec la Hongrie.

La Roumanie n'apporte pas une contribution bien importante à l'UE, aussi dans cette Europe à deux vitesses, ils restent des citoyens européens de papier.

 

 

 

NDLR

 

Nous sommes si « anciens » en Europe que nous avons perdu notre pouvoir de réaction et de rébellion. Nous sommes comme anesthésiés et fatalistes. Bien sur il y a des gens qui bougent encore mais notre habitude d'être dans l'europe et la voir nous détruire est si familier que nous ne réagissons pas assez. Nous n'avons plus assez d'étonnement et de réactivité. Les roumains qui sont « nouveaux » à l'échelle européenne ont leur esprit critique intact. Vont-ils accepter longtemps cette mascarade ? Eux qui ont connus le rideau de fer vont-ils accepter longtemps de repartir pour la nouvelle union soviétique, pour l'union Européenne ? Maintenant qu'ils commencent à ouvrir les yeux, qu'ils savent que sauf imprévu ils resteront pour longtemps citoyens européens de papier, peut-être vont-il s’échapper et nous quitter, les veinards...

S'ils en sortent, ils s'en sortiront. Et finalement j'irai peut-être vraiment mourir à Bucarest...

 

chris 

Publié dans Décryptage

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