Le CiU d'Artur Mas, président de région Catalan, perd les élections (Addendum à "c'est arrivé un 25 novembre en Catalogne")

Publié le par Christophe

artur mas

 

Le week-end dernier je vous parlais des élections régionales se déroulant en Espagne le 25 novembre comme étant une élection pouvant changer le visage de l'Europe.

http://www.fn78-1.fr/article-c-est-arrive-un-25-novembre-en-catalogne-112787693.html

Pour cela il fallait que le partis indépendantiste Catalan d'Artur Mas obtienne la majorité absolue, lui permettant de légitimer un référendum sur l'indépendance. Mais je vous annonçais que la partis était loin d'être gagné pour Artur Mas car à cause des problèmes de la dette en Espagne la CEE n'a plus autant de partisans et le score s'annonçait plus étriqué que prévu même s'il était favorable aux indépendantistes. Le résultat est tombé. Ce sera plutôt un statut quo qu'une avancée significative indépendantiste...

 

 

La sécession n'est pour tout de suite

 

le dimanche 25 novembre, jour des élections en Catalogne qui étaient censées produire un raz-de-marée sécessionniste en faveur de l’indépendance vis-à-vis de l’Espagne. Le raz-de-marée ne s’est pourtant pas produit, les électeurs s’étant bornés à préférer « l’original », Esquerra Republicana, à « la copie », le CiU d'Artur Mas, parti qui avait convoqué les élections.

Le parti nationaliste de centre-droit Convergencia i Unió (CiU) a obtenu 50 députés (30,6% des voix) aux élections régionales, perdant 12 députés. Un échec pour son leader, le président de la région Artur Mas. Avec 21 députés, le parti indépendantiste de gauche Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) double son nombre de sièges et devient la deuxième force politique de la région.

Bref, un simple transfert de voix au sein des sécessionnistes qui, ensemble, représentent toujours 64% des électeurs, face à 36% pour les forces non séparatistes.

Les deux partis disposent d’une majorité pour organiser un référendum sur l’indépendance, mais devront surmonter leurs divergences politiques.

 

 

C'est l'Espagne qui vient de remporter les élections catalanes

 

http://www.lavanguardia.com/politica/elecciones-catalanas/20121126/54355840743/enric-juliana-gana-espana.html

Il est certain que la presse étrangère, britannique en particulier, fera une lecture des résultats de cette élection bien différente de celle de la presse madrilène, qui va s'en donner à cœur joie contre la politique catalane. Les Anglo-Saxons ne manqueront pas de souligner que la Catalogne vient de vivre la victoire d'une majorité indépendantiste qui, sous les effets de la crise, a viré à gauche. Dans la capitale espagnole, on insistera sans nuance sur l'échec d'Artur Mas.

La première de ces deux lectures est peut-être la plus réaliste en termes européens, mais il n'en demeure pas moins vrai que c'est l'Espagne qui vient de remporter les élections catalanes. L'ordre établi a gagné. Le catalanisme est aujourd'hui une majorité sentimentale dont l'efficacité politique laisse grandement à désirer. L'Espagne a un problème, c'est incontestable : une crise phénoménale, et deux parlements régionaux souverainistes, au Pays basque et en Catalogne. Mais ce problème reste gérable : les Basques ne feront rien qui puisse menacer sérieusement l'excédent budgétaire que leur garantit leurs avantageux fueros (ensemble de droits historiques accordés à la région), et la Catalogne, aux prises avec la rhétorique sentimentale du souverainiste, va se transformer en véritable guêpier. L'Espagne vient de l'emporter ; l'ordre établi a gagné.

 

 

Les Catalans ne sont pas une minorité opprimé

 

La Catalogne d'aujourd’hui (Catalogne espagnole, car il y a aussi une Catalogne française) n’est pas un petit peuple à la langue, à la culture, à l’identité et aux droits politiques brimés par l’oppression d’un autre peuple ou d’un quelconque pouvoir central. Si brimades il y a eu, elles ont plus que disparu depuis plus de trente ans. Les « Communautés autonomes » de l'Espagne, jouissent de plus de droits que bien des Etats fédéraux ailleurs dans le monde.

Si une langue, une culture, une histoire est aujourd’hui brimée et vilipendée en Catalogne, cette langue, cette culture, cette histoire n’est nullement celle de la Catalogne : c’est celle de l’Espagne, dont la langue tient dans l’enseignement une place plus réduite que celle accordée à l’anglais.

La fin du discours que Artur Mas, président de la Catalogne, a prononcé pour clôturer la campagne électorale en… anglais en atteste.

 

 

Une défaite Européenne

 

Même si l'Europe avait soutenu mollement au cours des derniers mois les désirs d'indépendance Catalans c'est tout de même un camouflet pour elle.

Car si l'Espagne est considérée vainqueur de ces élections c'est donc la victoire d'un état sur une région. Les régions sont habituellement soutenues par l'Europe, on peut donc dire qu'un état a remporté une victoire sur l'Europe. Finalement c'est une bonne nouvelle pour nous et elle va calmer les ardeurs de quelques régionaux...

 

chris

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