Le Danemark au milieu du gué séparant l'écologie et l'industrie

Publié le par Christophe

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Uranium, terres rares, fer, cuivre, or... La fonte des glaces met de nombreuses richesses minières de l’île du Groenland à portée de main des 60 000 Danois y habitant qui ne vivaient jusqu’alors quasiment que de la pêche à la crevette . Ainsi, ce peuple plutôt pacifiste et écolo va bénéficier du résultat d'un fléau écologique (la fonte de la banquise) et va devoir polir ses armes afin de se préparer à la guerre économique qui se prépare pour lui. En effet cette manne qui s'annonce attire déjà les convoitises de la Chine et des Etats-Unis. Et l'Europe ? me direz vous. Elle a plutôt l'habitude de gaspiller l'argent plutôt que de se retrouver là où elle pourrait en gagner...

 

 

Devant les gains l'écologie ne fait plus le poids

 

RTEmagicC uranium 011Nuuk, la capitale du Groenland, évoque le mot « nuke », le terme anglais pour désigner la bombe A, plaisantent les Danois ces derniers temps ! Le Groenland, et par conséquent aussi le Danemark , semblent sur le point d’acquérir un rôle décisif sur le marché mondial de l’uranium puisque leur sous-sol en contient des quantités apparemment considérables.

http://politiken.dk/debat/profiler/larstriermogensen/ECE1886219/groenlaenderne-afpresses-i-stor-skala/

Cet uranium paraissait quasi hors de portée et représentait un fruit défendu. Le Danemark s'est accommodé de cette situation très aisément car elle est en phase avec le sentiment écologique qui habite son peuple. Depuis toujours le Danemark a mené vis-à-vis du nucléaire une politique de tolérance zéro.

Mais voilà qu'à présent, la politique de Copenhague change totalement de cap et cela désole Flarup Christensen le responsable de Greenpeace au Danemark : « C’est le summum de l’hypocrisie, alors que nous avons obligé la Suède à fermer une centrale nucléaire parce qu’elle était trop près du territoire danois ! »

Cindy Vestergaard, du Danish Institute for International Studies explique se revirement très facilement par le fait que le Groenland, qui a obtenu plus d’autonomie en 2009, peut gérer lui-même ses matières premières. Mais cette plus grande autonomie signifie, que les subventions qui proviennent de Copenhague vont se tarir d'autant. La pêche à la crevette ne suffira plus pour vivre et l'uranium apparaît comme la solution.

 

 

Le Groenland va changer de vie

 

nuuckLe Danemark reste responsable de la politique extérieure et de défense. En outre, le Groenland, une île de moins de 60 000 habitants, ne peut assumer seul l’exploitation et l’exportation.

« Si le feu passe au vert, cela change tout, le Danemark va devenir un acteur sur le marché du nucléaire». « Le marché de l’uranium est l’un des plus opaques du monde. Comment peut-on être sûr qu’on ne s’en sert pas pour fabriquer une arme atomique ? » déclare Cindy Vestergaard.

Pour l’instant, le Canada, l’Australie et le Kazakhstan sont les grands pays exportateurs. Mais compte tenu des gigantesques réserves locales, le Danemark et le Groenland pourraient eux aussi compter parmi les principaux pourvoyeurs de cette matière première. Les Danois, écologistes et pacifistes, vont donc être confrontés à un sérieux problème d’image.

 

 

Plus belle la vie...

 

nuuk-in-witner-©martin-ramussen-ilovegreenland-2Pour le Groenland, la manne est encore plus grande que ce que l'on pense puisque outre la présence d'uranium, son sous-sol révèle la présence de grandes réserves de minerai de fer, de cuivre, d’or et de terres rares. Des géants miniers internationaux ou des pays comme la Corée du Sud et la Chine commençaient à s’y intéresser. Ce n’est d’ailleurs pas tout. Pour ce qui est des terres rares, utilisés dans la fabrication de smartphones ou de voitures par exemple, le Groenland pourrait briser le monopole de la Chine.

 

 

...et bonjour les piques assiettes !

 

uraniumBientôt les habitants du Groenland vont connaître les charmes de l'immigration, du communautarisme et tout ce qui va avec... En effet le Groenland a adopté l’an dernier une loi qui autorise à payer les travailleurs étrangers moins que les Groenlandais.

Cela existe ? En Europe ? C'est pas de la préférence nationale ça ?

Alcoa, un géant américain de l’aluminium, a l’intention d’implanter une usine dans un village de 3 000 habitants. Il y embaucherait presque autant de Polonais et de Chinois. Nos amis nordiques vont vite comprendre ce que cela signifie et je ne doute pas que le dumping social discriminatoire vis à vis des étrangers sera très rapidement la cible des socialos européistes !

Les Etats-Unis ont pris conscience depuis bien plus longtemps de la position stratégique du Groenland. Après la Seconde Guerre mondiale, ils ont proposé au Danemark 100 millions de dollars pour cette île. Bien leur en à pris de ne pas donner suite.

 

 

Le Danemark va t-il donner son indépendance au Groenland ? Ce n'est pourtant pas le moment de le lâcher. D'un autre côté, le Groenland a tout intérêt a ne plus être économiquement dans l'Europe mais va falloir affronter tout seul la Chine et les USA... Affaire à suivre donc, après le pétrole Irlandais, voici les ressources minières Danoises qui attirent les convoitises.

 

 chris

 

 

Publié dans Revue de presse

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