Le livre blanc de la défense sera le livre noir de notre souveraineté

Publié le par Christophe

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Avant même la publication du Livre blanc sur la défense qui doit intervenir dans quelques semaines, il n'existe aucun doute sur le fait que le ministère de la Défense va subir une purge sans précédent qui va sérieusement modifier le pouvoir d'intervention militaire de notre pays et de facto son influence en matière de politique extérieure et plus grave encore, faire sauter les derniers bastions de sa souveraineté. Deux scénarios sont possibles pour les armées : L'un est cauchemardesque et le second est apocalyptique.

 

 

Le livre blanc

 

Le livre blanc définit une perspective stratégique globale quand aux options budgétaires de la future loi de programmation militaire qui sera discutée durant l'été.

Avec une croissance nulle ou presque, une situation économique gravement détériorée, il est alors devenu clair que le maintien de l'effort de défense actuel (1,56 % du produit intérieur brut en 2013, pour un budget de 31 milliard d'euros) ne pourrait pas être maintenu.

Le président de la République, chef des armées, devait annoncer ses choix financiers lors d'un conseil de défense le 19 mars dernier mais s'était sans compter sur l'éjection du gouvernement du ministres du budget Jérôme Cahuzac. Celui-ci devait assister au conseil de défense et de sécurité qui rassemble également autour du président, le Premier ministre (Jean-Marc Ayrault), les ministres de la Défense (Jean-Yves Le Drian), de l'Intérieur (Manuel Valls), de l'Économie (Pierre Moscovici), et des Affaires étrangères (Laurent Fabius) et enfin du chef d'état-major des armées, l'amiral Édouard Guillaud. La réunion a été repoussé à vendredi dernier et son résultat est tenu secret...

 

 

Le scénario cauchemardesque

 

La première épure budgétaire, qualifiée à l'hôtel de Brienne - siège du ministère de la Défense -, d'hypothèse « de survie », est terrible. Il s'agirait pour la défense de continuer à faire tout ce qu'elle fait aujourd'hui, mais avec beaucoup moins de personnels et de moyens. Elle impliquerait la perte de 30 000 emplois dans les armées et de 15 000 autres dans l'industrie de défense. Dans ce schéma, toutes les armées perdraient des plumes, mais d'abord l'armée de terre qui verrait disparaître sa capacité de projection. En clair, et pour prendre un scénario on ne peut plus actuel : les forces spéciales qui perdureraient auraient été capables de stopper l'offensive des groupes djihadistes sur Bamako, début janvier. Mais projeter ensuite 4 000 hommes au Mali pour une mission de plusieurs semaines, serait impossible. La question du maintien de la composante aérienne de la dissuasion est posée et de nombreux programmes d'équipements seraient retardés ou repoussés.

Du côté de l'industrie de défense, ce serait la disparition de l'industriel d'armement terrestre Nexter.

La défense va devoir contribuer pour un milliard à l'austérité en 2014, et pour deux milliards en 2015. En deux ans, avant même de trancher dans le vif, ce sont 10 % d'une annuité qui vont sauter !

 

 

Le scénario apocalyptique

 

Ce scénario que défend Bercy, prévoit la vente du Charles de Gaulle au Brésil ou à l'inde, la suppression de 30 régiments, l'arrêt des chaînes du Rafale et la renonciation à l'avion-cargo A400M, synonyme de la perte des 10 000 emplois d'Airbus Military. Egalement, 50 000 suppressions d'emploi dans les armées (c'est l'effectif total de l'armée de l'air) et autant dans l'industrie de défense. Oubliés aussi, les programmes Scorpion des nouveaux blindés de l'armée de terre, des commandes d'hélicoptères NH-90 et Tigre. Sont également envisagées la fin de la série des Rafale, celle d'une grande partie des frégates FREMM, des sous-marins nucléaires d'attaque Barracuda et des nouveaux ravitailleurs aériens MRTT.

Ces choix budgétaires consisteraient à ramener d'ici quelques années le budget de la défense d'environ 30 milliards à 20 milliards, à faire passer la part de la richesse nationale consacrée aux armées de 1,5 % du PIB à 1,1 %. Comme un coup de grâce au rêve de Sarko l'américain, le pentagone Français de celui-ci, le Balardgone, pourrait être abandonné. Secrètement un groupe de travail sur l'abandon du transfert du ministère à Balard aurait été lancé. Le but : Mesurer ce que coûteraient les dédits et un maintien dans les taudis du boulevard Saint-Germain du Mindef...

 

 

Pourtant en France personne n'est d'accord pour le faire

 

A commencer par les Français et par le ministre de la défense lui même.

Aujourd'hui 66 % des Français pensent qu'il faut augmenter le budget militaire. Si l'on tenait compte de leur avis, cela se saurait et le traité de Lisbonne n'aurait jamais été ratifié...

Quand au ministre de la défense, il n'a aucun pouvoir en la matière tout comme le chef des armées Normal 1er puisque c'est l'Europe qui commande. Il a donc timidement chargé l'un de ses collaborateur de délivrer le message. Gwendal Rouillard jeune député PS de la 5ème circonscription du Morbihan, a publié un communiqué intitulé : "Budget de la défense : j'en appelle au Président de la République"que l'on peut lire sur son site.  C'est un plaidoyer, sobre mais ferme, pour le maintien des crédits militaires. Alors, ce Gwendal Rouillard n'est autre que l'élu de l'ancienne circonscription de son mentor en politique, le socialiste breton Jean-Yves Le Drian, désormais ministre de la Défense. Il en a été l'un des plus proches collaborateurs. Autant dire que le message de Gwendal Rouillard ressemble à celui que Jean-Yves Le Drian ne peut pas délivrer publiquement.

Un groupe d'une dizaine de jeunes officiers français dénonce dans une tribune les gaspillages et coupes dans le budget de la défense, qui devrait au contraire selon eux être augmenté pour "réarmer" la France. Ces officiers du "mouvement Marc Bloch", proposent cinq mesure pour "lancer le signal d'un redressement":

Même le Sénat s'y est mis. Dans une initiative peu fréquente, tous les groupes politiques du Sénat ont lancé un appel au chef des armées, pour que le budget militaire de la France soit maintenu à un niveau comparable à celui qu'il est aujourd'hui. Seuls les écologistes qui demeurent opposés à la dissuasion nucléaire ne se sont pas associés à cet appel, présenté par le socialiste Jean-Louis Carrère, président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées.

Déjà les différentes composantes militaires se préparent à se « tirer la bourre », l'armée de terre n'hésitant pas à se comparer à celle de la Suisse au niveau des moyens. Nous avons déjà écrit que ce pays se prépare déjà à faire face militairement à la crise Européenne.

Côté réactions, au FN j'ai pris note du Communiqué de Presse de Jean-Yves Waquet, Conseiller « Défense » de Marine Le Pen qui reprend l'article de Guisnel mais quid de l'ex candidate à la présidentielle qui souhait la construction d'un deuxième porte-avions ?

 

 

NDLR

 

Il faudra encore attendre car tout prend du retard et les arbitrages ne se feront pas en un seul conseil de défense. Le départ de Jérôme Cahuzac du ministère du Budget et surtout son remplacement par Bernard Cazeneuve pourrait également changer la donne, le second étant sensible aux questions militaires. Espérons que le nouveau ministre du budget connaît la norme OTAN qui indique que lorsque la part de la richesse nationale consacrée aux armées est en dessous de 2 % du PIB, un état n'est plus souverain militairement...
L'Europe qui fait supprimer toutes les armées dont la puissance compte en Europe n'a toujours pas créé l'armée Européenne. Le budget des Armées en perpétuelle diminution depuis De Gaule (sauf sous Giscard) ne nous permet de conserver que la dissuasion nucléaire. Lorsque les écologistes auront réussi a nous faire abandonner ce dernier bastion, nous seront directement placé sous la menace de n'importe lequel des états islamistes qui voudrait porter l'estocade.

Comme le disait Zemmour samedi soir, nous avons déjà perdu la bataille communautaire et nous ne pouvons plus rien faire. Cependant nous continuons à dénoncer pour ne pas être accusé de ne pas l'avoir dit...

chris

 

Publié dans Décryptage

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