Les NEET : Nouveaux « mutants » de la zone euro

Publié le par Christophe

NEET

 

Les NEET sont des jeunes chômeurs de la zone euro qui sont devenus marginaux et qui s'éloignent chaque jour un peu plus du monde du travail. Les chiffres de l’augmentation du chômage des jeunes sont en constante augmentation mais le plus souvent, ces chiffres tiennent seulement compte des jeunes qui sont prêts à travailler et en ont envie. Il y a également un groupe considérable de jeunes tellement démotivés qu’ils se détournent du marché du travail. Ces jeunes qui ne travaillent pas, ne suivent pas d’études ni de formation professionnelle s'appelle les NEET, pour « Not in Education, Employment or Training ».

 

 

Le chômage en évolution constante

 

Selon l’office européen des statistiques Eurostat, le taux de chômage dans la zone euro a atteint en avril 2012 le niveau de 11% de la population active.

http://www.france24.com/fr/20120601-chomage-record-zone-euro-economie-europe-crise-dette-social

7,40 millions de personnes étaient au chômage en avril dans la zone euro, soit 110.000 de plus qu'en mars 2012. Le seuil de 11% n’avait jamais été atteint depuis la création de la zone euro, mais ce niveau ne surprenait guère compte tenu de l’aggravation de la crise.

6 mois plus tard, en octobre 2012, près de 19 millions de personnes étaient sans emploi dans les 17 pays de la zone euro, ce qui correspond à un taux de chômage de 11,7 %, selon Eurostat.

http://www.france24.com/fr/20121130-europe-zone-euro-frappee-taux-chomage-record-crise-economique

La situation est particulièrement critique en Espagne et en Grèce.

11,7% de la population active en octobre, contre 11,6% en septembre 2012, il s’agit d’un nouveau record, qui se traduit par 18,70 millions de personnes au chômage, dans les 17 pays de l’Union monétaire. En un mois, 173.000 personnes sont venues grossir les rangs de chômeurs au sein de la zone euro et 2,17 millions en un an.

 

 

Les NEET (Not in Education, Employment or Training)

 

Les chiffres de l’augmentation du chômage des jeunes sont en constante augmentation mais le plus souvent, ces chiffres tiennent seulement compte des jeunes qui sont prêts à travailler et en ont envie. Il y a également un groupe considérable de jeunes tellement démotivés qu’ils se détournent du marché du travail, selon la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, un organe de l’UE. Il a mené une étude sur la jeunesse qui ne travaille pas, ne suit pas d’études ni de formation professionnelle (ceux que l'on appelle les NEET, pour Not in Education, Employment or Training). Le rapport ici :

http://www.eurofound.europa.eu/pubdocs/2012/54/en/1/EF1254EN.pdf

Selon les résultats, il y a quatorze millions de jeunes inactifs en Europe, 15,4 % des jeunes de 15 à 29 ans. Certains le sont à titre volontaire ou sont en train de voyager, mais la majeure partie est dans une situation plus grave. Ils ont peu confiance dans les institutions et leurs semblables ; ils sont socialement et politiquement isolés. Le risque qu'ils se retrouvent dans un circuit de délinquance est important. Bruxelles s’inquiète de l’évolution de la situation car cela coûtent cher. les jeunes ont coûté 153 milliards d’euros aux États membres en 2011, alors que ce chiffre était de 119 milliards en 2008. Et il ne s’agit que d’un calcul prudent, car seules les dépenses liées aux prestations sociales ont été prises en compte. N’ont pas été inclus, le coût de la délinquance ni les frais de maladie. En effet, il ressort de l'étude que les NEET sont sensibles aux dépendances. Cela peut être une cause d’abandon scolaire ou de chômage, mais aussi une conséquence. Chez les jeunes qui traînent longtemps à la maison, on observe des dépressions qui peuvent entraîner des dépendances à l’alcool et aux drogues. Beaucoup plongent dans le trafic de drogue via leur toxicomanie. Concernant les filles, on constate beaucoup de grossesses chez des adolescentes.

 

 

La France un paradis pour les NEET

 

Plusieurs facteurs dont la politique actuelle et passée des dirigeants de la France sont un excellent terreau pour que les NEET se « reproduisent » durablement dans notre pays.

En premier lieu, la France est championne du monde des dépenses sociales.

http://lentreprise.lexpress.fr/gestion-entreprise/ocde-depenses-sociales-elevees-depuis-la-crise-la-france-championne-du-monde_36757.html

D’après les chiffres de l’OCDE, la France dépense désormais 32% de son PIB en dépenses sociales, soit 10 points de plus que la moyenne de l’OCDE. Les aides sociales accordées en France aux immigrés même clandestins, ne sont pas faites pour limiter ce pourcentage. Depuis 50 ans, la politique n’a pas changé : toujours plus de dépenses. Ces excès de dépenses, donc de charges sociales, pèse sur les travailleurs, comme sur les entreprises. Si on y ajoute la fiscalité, le taux de prélèvement des entreprises dépasse 65% en 2012, contre une moyenne de 42% en Europe ! Un rapport vient d’ailleurs de classer la France à la 169e place mondiale pour l’attractivité de sa fiscalité des entreprises.

Ensuite, ce ne sont pas les nouvelles mesures de Manuel Valls qui vont arrêter l'aspirateur d'immigrés de la France.

La circulaire du ministère de l’Intérieur sur la régularisation des clandestins présentée mercredi en Conseil des ministres et publiée jeudi au journal officiel fixant de nouveaux critères de régularisation et l’assouplissement de certaines règles ne va pas stopper l'aspirateur d'immigration Français.

http://www.huffingtonpost.fr/2012/11/28/la-tres-attendue-circulaire-valls-criteres-regularisation-sans-papiers-avancees-mais-pas-trop_n_2201981.html

Les familles des clandestins seront régularisées à condition qu’elles résident sur le territoire français depuis cinq ans et que leurs enfants y soient scolarisés depuis trois ans. Les travailleurs clandestins doivent être présents en France depuis au moins cinq ans et doivent avoir travaillé les deux dernières années consécutives. Enfin les jeunes majeurs clandestins scolarisés au moins trois ans en France avant leurs 18 ans seront régularisés. Pour les travailleurs clandestins, ils devaient auparavant avoir travaillé un an chez le même employeur. De plus, les activités en intérim et les emplois à domicile n’étaient pas pris en compte. Ils le sont désormais. Sur les situations de regroupement familial, 18 mois de vie commune suffisent à présent pour être régularisé alors qu’auparavant, cinq ans de vie commune était nécessaires. Enfin le test de français est abandonné. Il n’est plus nécessaire de maîtriser la langue française pour recevoir des papiers.

 

 

Même les bons élèves de l'Europe veulent du NEET

 

Le 27 novembre, la Cour constitutionnelle tchèque a partiellement censuré la loi qui punit les chômeurs qui refusent d'accepter un travail que les opposants qualifient de « forcé ».

« La décision fondamentale est l'abolition du travail d’intérêt général que les chômeurs devaient faire sans salaire », explique le quotidien Lidové noviny.

http://www.lidovky.cz/cssd-castecne-uspela-ustavni-soud-zrusil-povinnou-verejnou-sluzbu-11m-/ln_domov.asp?c=A121127_141216_ln_domov_spa

Le gouvernement va donc devoir modifier la loi qui forçait toute personne au chômage depuis plus de 3 mois à accepter ou trouver un travail de 20h par semaine, comme le balayage des rues ou l’entretien des écoles, sous peine de ne plus recevoir d’indemnités chômage ou d’allocations sociales. L’objectif de cette loi en vigueur depuis janvier 2012 était de faire baisser le nombre des chômeurs de longue durée volontaires, et le travail au noir. En octobre, il y avait 496 762 personnes sans travail, soit 8,5% de la population active. Le quotidien explique que dans leur arrêt, les juges constitutionnels ont par ailleurs comparé le traitement des chômeurs par les autorités à des travaux forcés. Les gens devaient travailler sans solde, souvent en portant les mêmes gilets de couleur que des personnes condamnées à des peines de substitution, ce qui est une atteinte à leur dignité. Selon les juges, c'est impensable alors que les mêmes personnes ont travaillé pendant des années ou des décennies. De plus, les tâches étaient choisies à la discrétion des autorités.
(NDRL : Voila une mesure qui va relancer la production de NEET !)

 

La bien-pensance veille

 

L'étude de l'Eurofound indique que les jeunes ont une attitude différente à l’égard de leur situation selon l'endroit où ils vivent en Europe. Ainsi, dans les pays anglo-saxons, en Europe Centrale et en Europe de l’Est, les inactifs sont passifs. Ils sont déçus par la société et les institutions et ont le sentiment que personne ne veut les aider. En réaction, ils se replient sur eux-mêmes. Ils attachent moins d’importance à la politique et une grande partie d’entre eux ne votent pas, traîne devant la télévision et s'isole socialement. A contrario, dans les pays méditerranéens, cette jeunesse est active sur le plan politique. Exemple:L'Espagne où la jeunesse est prête à descendre dans la rue et la Grèce avec « Aube dorée ». Les jeunes de ces pays ne se sentent pas représentés politiquement et s’élèvent contre cela. La bien-pensance a senti cela et alors que l’Aube dorée apparaît comme le troisième parti politique grec selon les sondages d’opinion, le gouvernement envisage de l'interdire...

 

chris 

Publié dans Enquête

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