Les policiers et les militaires Portugais dans la rue

Publié le par Christophe

 armée portugaise 

Au Portugal, policiers, gendarmes et militaires manifestent contre l'austérité. C'est suffisamment étonnant pour que l'on s'y attarde tout en réfléchissant à la possibilité de pareilles scènes en France. Après les policiers le mardi 6 novembre, ce sont les militaires qui ont manifesté en civil le samedi 10 novembre à Lisbonne.

 

 

Il y a ceux qui manifestent

  

manif militaires portugaisEn silence, des milliers de militaires, environ 5.000, souvent accompagné de leurs familles ont défilé dans les rues de Lisbonne. Graves et disciplinés, ils ont défilé en silence et en civil derrière des banderoles appelant au respect de la "dignité de la condition militaire" et de la "souveraineté nationale". Ils ont voulu ainsi protester contre le budget d’austérité qui affecte les fonctionnaires qu’ils sont.

http://www.rfi.fr/europe/20121110-portugal-militaires-manifestent-calme-civil-contre-mesures-austerite-crise-economique

Luis Reis est l’un des représentants des forces armées : « Il y a dans le budget, qui est une loi, un ensemble de mesures qui sont inconstitutionnelles », dit-il. « Alors, c’est clairement une attaque contre les droits sociaux des militaires, mais aussi du peuple en général. Et nous, parce que nous sommes assermentés, nous devons défendre la Constitution. »

Au passage des militaires, quelques applaudissements des badauds… Alors que retentit « Grandola », la chanson qui a servi à lancer les militaires à l’assaut de la dictature en avril 1974, Luis Reis fait part de son inquiétude. A sa boutonnière, l’œillet rouge de la révolution : « C’est un symbole, c’est le symbole d’avril, de la révolution que les militaires ont menée pour libérer le peuple de la dictature en 1974. Aujourd’hui, ce n’est pas pareil, on est en démocratie, mais je ne peux que constater que c’est une démocratie très menacée et qu’il faut la préserver. Oui, il y a un danger. Il y a des signes dans la société qui montrent que notre démocratie est ébranlée. »

Une mise en garde à peine voilée. Après les discours d’usage, la manifestation s’est dispersée dans le calme.

http://www.20minutes.fr/economie/1039934-portugal-milliers-militaires-manifestent-contre-austerite

Cela témoigne d'une grogne sociale grandissante après les quelques milliers de policiers qui ont eux aussi manifesté à Lisbonne et alors que le principal syndicat portugais, la CGTP, a appelé à la grève générale. Extraits des déclarations :

"On subi coupe après coupe et il n'y a pas de lumière au fond du tunnel", a expliqué à l'AFP un militaire de 40 ans qui défilait samedi, et n'a pas souhaité être nommé.

"Ces mesures d'austérité nous touchent beaucoup et la spécificité de notre statut n'est pas sauvegardée", a affirmé un officier supérieur de la marine, disant avoir perdu quelque 500 euros depuis 2010 sur un salaire mensuel net aujourd'hui réduit à environ 2.000 euros.

Les militaires s'estiment particulièrement lésés par l'augmentation de l'âge de leur passage à la réserve ou la hausse des cotisations pour leur couverture de santé.

Les associations de militaires ont ainsi demandé au président de la République, Anibal Cavaco Silva, de saisir la Cour constitutionnelle afin que cette instance vérifie si le budget adopté en première lecture par le Parlement contient des dispositions illégales.

Dans un jugement rendu en juillet, ce tribunal avait retoqué la loi de finances de 2012 arguant que la suppression des 13e et 14e mois de salaire des fonctionnaires violait le principe d'égalité inscrit dans la constitution.

 

 

Et ceux qui partent

 

manif police-portugalLes forces de l'ordre ne sont pas épargnées par les politiques d'austérité. Fragilisés par la baisse de leurs revenus et mécontents de leurs conditions de travail, policiers et gendarmes sont de plus en plus nombreux à quitter le pays à cause de la crise économique et des baisses des salaires, des primes et des acquis sociaux. Nombre d'entre eux se plaignent de la "mauvaise ambiance" et du "manque de conditions" au sein des forces de l'ordre. http://www.courrierinternational.com/article/2012/11/16/face-a-la-crise-policiers-et-gendarmes-rendent-les-armes

 

Les histoires d'émigration n'ont pas toutes une fin heureuse. Filipe, 37 ans, travaille aujourd'hui comme chauffeur pour la Poste britannique. Depuis qu'il a quitté le Portugal, il y a moins d'un an, il a perdu dix kilos. À l'instar de la majorité de ses collègues qui quittent le pays, Filipe n'a pas voulu abandonner définitivement la GNR et a demandé un congé sans solde laissant derrière lui sa femme et ses deux filles. Lui qui escorta un jour le président de la République, a quitté le pays en larmes. Ses revenus ne suffisaient plus à couvrir ses dépenses. En 2007, il avait acheté une maison et s'était endetté à hauteur de 200 000 euros. Tous les mois, entre le crédit, les voitures, l'école des enfants et la nourriture, il dépensait 1 600 euros. Mais il ne gagnait que 1 200 euros net, primes incluses. Souvent, il travaillait quinze heures de suite et parcourait le pays de long en large. "Je faisais une gymnastique incroyable pour recevoir 20 ou 30 euros de plus à la fin du mois, ce n'était pas une vie. On travaille trop dans la GNR et c'est pour cela qu'il y a parfois des accidents. Les charges horaires sont absurdes", affirme-t-il.

 

En seulement deux ans, la vie de famille de Filipe a changé radicalement. "D'un seul coup, je n'ai plus eu de primes, plus d'allocations familiales; j'ai payé plus d'impôt sur le revenu; la crèche a augmenté et ils ont commencé à réduire l'aide médicale [versée par la GNR] alors que mes filles ont des problèmes de santé", se souvient l'ancien militaire. Mais le plus difficile était encore à venir. Sans ami et sans travail à Londres malgré des promesses, il a du louer une chambre exiguë dans la maison de l'oncle d'un ami. Quand Filipe a enfin trouvé un emploi - distribuer du lait et du pain -, il faisait le trajet jusqu'à son domicile à pied parce que les transports étaient trop chers. "Je faisais des dizaines de kilomètres à pied." Récemment, il a donc trouvé un travail à la Poste. Il gagne 600 euros par semaine et parvient à en envoyer 800 au Portugal chaque mois. "J'essaie de trouver mieux. Mais je me demande tous les jours si cela vaut le coup de rester ici".

 

David lui aussi ne sait pas si cela en vaut la peine. Ce gendarme âgé de 32 ans va émigrer en janvier en Allemagne. Pour pouvoir partir, il a du prétexter des problèmes psychiatriques et a même invoqué une tentative de suicide. "Je suis très déçu par l'institution", souligne-t-il. Les heures de travail excessives constitue le principal motif d'usure. David travaille 27 jours et gagne moins de mille euros [le salaire moyen au Portugal est de 800 euros et le SMIC est de 485 euros]. Et puis, il y a les baisses de revenu. "Si je compare 2011 avec cette année, j'ai déjà perdu 2 000 euros", dit-il. Début janvier, David sera en Allemagne où l'attend un emploi dans un restaurant italien payé 1 200 euros nets. "Ce n'est pas énorme, mais c'est déjà ça pour un début à l'étranger". David a un garçon de six ans, il tente de trouver une maison en Allemagne et, si tout se passe bien, il espère ne pas revenir au Portugal.

 

La sécurité de la population menacée par la baisse des effectifs Ces derniers mois, des dizaines de policiers et de gendarmes ayant pour projet d'émigrer ont contacté leurs syndicats respectifs. Il y en a aussi qui se renseignent sur les emplois dans le domaine de la sécurité à l'étranger.

Peixoto Rodrigues, du Syndicat unifié de la police (SUP), estime que l'émigration,en plus des postes supprimés ces dernières années, peut mettre en cause "l'opérationnalité de la police et, par conséquent, la sécurité de la population".

 

 

Est ce possible en France ?


1/ Sur le plan des manifestations.

Les policiers et militaires Français sont finalement assez dhimmis. A la peur de la hiérarchie et la peur de se plaindre, est venue s'ajouter la peur du chômage. Pour l'instant il font tout seul le boulot qui était fait à trois auparavant et croient naïvement ce qu'on leur dit : C'est la crise et il faut payer la dette. Aucun d'eux ne réalise que la dette ne sera jamais remboursée et que les efforts de tous les Français, y compris eux, sont inutiles.

Les chefs de la police sont aux ordres des politiques et le personnel de base est gangrené par les syndicats eux même politisés. Tout le monde se tient calme et personne ne bouge. Les gendarmes sont des militaires qui n'ont pas le droit de « l'ouvrir ». Ils sont des sous-citoyens qui comme les autres militaires ont obtenus le droit de vote après les femmes en France. Celle seule information plante le décors. Bien sur, il y a eu les deux grognes des gendarmes (années 80 et 2000) mais elles ont vite été calmé avec quelques moyens et quelques primes.

Concernant les autres militaires (air, terre, marine) ils se sont laissé amputer du quart de leur effectif et bloquer leur avancement sans trop broncher. Leur « chefs » n'ont pas trop été affecté par les changements et ils ont bien muselé la base.

 

2/ Sur le plan de l'exil

Le temps où policiers et militaires faisaient carrière complète au sein de l'arme est révolu. Depuis quelques années on constate des reconversions avant la limite d'age. De même que beaucoup de jeune déçu, partent tant qu'il ne sont pas encore trop vieux pour changer d'orientation. Mais, la situation n'a rien à voir avec le Portugal et personne ne s'exile à l'étranger.

 

chris

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