Les syndicats et la retraite

Publié le par Gérald

Les syndicats et la retraite
 
Les régimes de retraite des salariés du privé (Agirc et Arrco) sont au bord de la faillite. Le temps des régimes complémentaires est compté car il faut trouver entre 7 et 10 milliards d'euros d'ici à 2017, les solutions aujourd'hui sur la table sont douloureuses et surtout impopulaires :
  • Désindexer partiellement les pensions de l'inflation pendant cinq ans pour limiter leur hausse
  • Jouer sur les différents leviers et ­surtout sur l'âge de la retraite pour équilibrer le système à moyen terme.
  • Si nécessaire, envisager alors une hausse des cotisations
 
Les négociations pour un sauvetage sont en cours
  
Patronat et syndicats qui gèrent les régimes Agirc (pour les cadres) et Arrco (pour tous les salariés du privé) tentent de s'entendre depuis deux mois pour sauver le système au bord de la faillite. Le calendrier choisi par le gouvernement pour «la nouvelle réforme» du régime général des retraites (des consultations jusqu'à la fin de l'année 2013) les place en situation d'éclaireurs en terrain miné. Syndicats et patronat soupçonnent le gouvernement de vouloir appliquer au régime général les décisions impopulaires qu'ils devront prendre d'ici à fin mars pour les complémentaires.
  
Le 7 mars 2013, les propositions patronales n'ont pas satisfait les syndicats. Elles prévoyaient une baisse de la revalorisation des pensions et une hausse sous condition des cotisations. Les partenaires sociaux, qui doivent trouver une solution avant le 1er avril se sont quittés sur un constat de désaccord. Les syndicats ont tous jugé que les concessions du patronat n'étaient pas suffisantes pour signer. Le blocage n'est toutefois pas total: les négociateurs ont prévu de se revoir le mercredi 13 mars 2013.
 
 
Des prévisions catastrophiques
  
L'alerte a été donnée en juillet 2012. Les partenaires sociaux découvrent les nouvelles prévisions pour les retraites complémentaires qui recouvrent 22 millions de cotisants: elles sont catastrophiques !
Prenant en compte les tout derniers effets de la crise, ces prévisions concluent que les réserves de l'Agirc (cadres) seraient totalement épuisées dès 2016 ou 2018. Les caisses de l'Arrco (tous salariés), elles, ne seraient vides qu'entre 2020 et 2023. Ces prévisions associées à la crise économique actuelle deviendront réalité si le chômage reste supérieur à 10 % entre 2013 et 2015.
    
Ces réserves sont vitales. Elles servent à amortir les diminutions de recettes inhérentes aux périodes de crise et de hausse du chômage, qui font automatiquement baisser les entrées de cotisations sociales. Comme en 2011, lorsque l'Arrco, le plus mal en point des deux régimes, a dû éponger un déficit net de 1,7 milliard d'euros. En résumé, si les réserves sont à sec, les régimes n'ont plus de filet de sécurité. Un peu normal quand on sait que l'État a commis un véritable hold-up en piquant 6 milliards d'euros pour les renflouer les caisses des fonctionnaires.
    
 
 
Qui gère les caisses ?  
 
La gestion de ces caisses du privé est aux mains de complices de l'État n'ayant aucune légitimité : les syndicats et le Medef.
Le système français est vérolé et à la limite de la corruption généralisée organisée depuis l’ère mitterrandienne où on avait vu les attentions réservées à des responsables syndicaux : postes de ministre, places dans les cabinets ministériels ou les ambassades. On se souvient de la secrétaire générale du SNES, Mme Vuaillat, décorée de la Légion d’Honneur le 11 décembre 2001 par M. Jack Lang, ministre de l’Éducation nationale : était-ce pour la récompenser d’avoir opposé un contre-pouvoir efficace dans la défense des salariés ou au contraire pour services rendus au pouvoir ?
    
On comprend alors pourquoi les salariés se détournent de ses institutions qui ne les représentent plus. La publication de leurs comptes par les syndicats aurait fait apparaître, selon Le Figaro, une terrible réalité : en moyenne, la part des fonds propres que sont les cotisations syndicales versées par les adhérents, ne dépasseraient pas 5 % !
    
L’essentiel des moyens viendrait donc en partie d’une mise à disposition par l’État de personnels jouissant de détachement et donc payés sur les fonds publics. Des chiffres sont avancés : « Environ 17.000 agents (en postes équivalents temps plein) seraient mis à la disposition des syndicats dans la fonction publique, dont près de 1200 à l'Éducation nationale ». Et ce ne serait qu’une estimation minimale car la réalité s’approche plus de 35 000 personnes soit une masse salariale annuelle atteignant presque 1,34 milliard d’euros. Ce coût serait de 1,6 milliard d’euros dans le privé (décharge horaire).
Mais aussi de l’argent pris directement dans les caisses des organismes de protection sociale au titre du « Paritarisme ».
 
C’est près de 4 milliard d’euros par an qui sont purement et simplement pompés sur la richesse créée par les contribuables (ceux qui payent des impôts). C’est 3 à 4 fois plus que la plupart des syndicats européens qui ont, en plus, de 5 à 10 fois plus de membres syndiqués. (Premier syndicat français, la CGT compte 670.000 adhérents. Très loin des 2,4 millions d'IG Metall, le syndicat allemand des «métallos».)
    
Cette somme pourrait en engendrer une revalorisation immédiate du SMIC de … 14,9 % ou sauvegarder les retraites sans creuser le déficit de la France !!!
    
4 millards par pour les syndicats
 
 
 
Un système de caste populaire au service du grand patronat
       
Les syndicats d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux de 36, ils ne vous font descendre dans la rue uniquement que pour protéger leurs privilèges.
La permanence des permanents syndicaux est, outre instructive. Ils sont indéracinables. Ils goûtent la place une fois qu’ils l’occupent : combien, après un ou deux mandats, reviennent dans l’entreprise ou la classe qu’ils ont quittée ? Pourquoi ? Un tête-à-tête trop long avec le pouvoir finit par corrompre les représentants inamovibles d’un contre-pouvoir. Les principaux dirigeants de ces syndicats sont tous invités au très fermé « dîner du siècle »
       
Il suffit de voir ce qu’il est advenu des luttes sociales depuis 30 ans. Le sort qu’a connu la dernière en date contre la destruction des retraites entre septembre et novembre 2010 reste exemplaire : le puissant mouvement de révolte qui s’est alors exprimé de plus en plus fort d’une manifestation à l’autre pour culminer le 12 octobre, a été torpillé dans les semaines suivantes.
 
À croire que les syndicats ne seraient plus désormais que les « Gentils Organisateurs » de joyeuses parades colorées dans les rues pour servir d’exutoire contrôlé aux colères populaires, à la façon des carnavals médiévaux qui purgeaient chaque année à date fixe la rancœur sociale accumulée afin de garantir la pérennité du désordre établi.
 
  
Les syndicats ne connaissent pas la crise
 
Malgré la crise qui sévit, toutes ces confédérations affichent une santé financière rayonnante. Toutes sont propriétaires de magnifiques immeubles parisiens et possèdent des trésoreries à faire pâlir beaucoup entreprises côtés en Bourse. Ainsi, la CFDT possède un trésor de guerre de près de 350 millions d’euros, la CGT 55 millions d’euros, le siège du Medef est valorisé 24 millions d'euros, l'UIMM dispose d'un trésor de guerre de près de 389 millions d'euros, etc.
 
La patrimoine des syndicats       
Les organisations syndicales et patronales se partagent enfin également, depuis plus de soixante ans, le gros gâteau du paritarisme. Ce sont elles qui gèrent le circuit de la formation professionnelle en France (un pactole de 6,3 milliards) et le «1% logement». Elles encore qui sont aux commandes des grands organismes de la Sécurité sociale et de l'Unedic, des mastodontes qui assoient leur puissance et font vivre des dizaines de milliers de militants promus au rang d'administrateurs. Indemnités forfaitaires, frais de formation, prise en charge de secrétariat, voyages d'études...: les députés énumèrent les multiples avantages que procure la gestion des organismes paritaires. « Tout le monde se tient, car tout le monde en croque », résume un dirigeant d'une caisse de retraite complémentaire, la galaxie Agirc-Arrco.
 
  
Le rapport par qui le scandale arrive
 
Rappelons-nous que le rapport Perruchot a été définitivement enterré en novembre 2011 par les députés de tous bords de peur de faire trop de vagues pendant la campagne présidentielle et que sur le site de l’assemblée nationale tous les comptes rendus des réunions de la dite commission depuis qu’elle a été créée le 8 juin 2011 ont également été supprimés. Officiellement, il ne pourra être publié que dans trente ans ! Ce fait est rarissime pour la Ve République.
 
Rapport perruchot icone Le rapport n'est pas d'une lecture facile. Il ressort tout de même que :
  • Les syndicats patronaux, en dépit de leur opulence, "tapent" dans les fonds des organismes paritaires (Sécurité sociale, Unedic, formation...).
  • Les syndicats ouvriers vivent aux crochets de l'État et des organismes paritaires.
  • Le syndicat agricole dominant, la FNSEA, a un art éprouvé pour confondre fonds publics et militantisme.
 
      
Au total, le rapport Perruchot dresse, entre les lignes, un rapport consternant de la vie syndicale en France. A base de combines et de faux-semblants. Où l'État participe à un jeu de rôle avec des apparatchiks syndicaux qui ne représentent pas grand-chose et qui ne courent pas derrière les militants et leurs cotisations tellement il est plus facile d'actionner d'autres pompes à fric (parmi lesquelles les comités d'entreprise des sociétés publiques).
   
On peut toutefois revoir le débat de l’émission « Ca vous regarde » sur la chaîne LCP avec pour invités :
  • Nicolas Perruchot, député NC du Loir-et-Cher.
  • Jean-Luc Touly, auteur de L’argent noir des syndicats, Fayard, 2008 

 

 

Protocole d'accord du 13 mars 2013

 

Les partenaires sociaux, qui gèrent les régimes de retraite complémentaire, sont parvenus à un protocole d’accord pour assainir la situation financière délicate de l’Agirc (cadres du privé) et de l’Arrco (tous les salariés du privé). Ce texte entérine de fait une baisse de pouvoir d’achat pour 11 millions de retraités car il prévoit que les pensions seront moins revalorisées que l’inflation pendant trois ans.

Au 1er avril, elles augmenteront de +0,5% pour les anciens cadres du privé, un peu plus pour les salariés (+0,8%) quand la hausse des prix est prévue à +1,75% en 2013.

Mais les entreprises et les 18 millions d’actifs qui cotisent à ces régimes seront également mis à contribution via une hausse des cotisations: le taux contractuel, qui permet de les calculer, augmentera de 0,1 point en 2014 et en 2015.

 
Conclusion
 
Il existe une solution évidente pour sauver les retraites complémentaires puisque tout cet argent accumulé est de source publique : retirer aux partenaires sociaux la gestion des caisses de retraite du privé et que le financement public des syndicats cesse, ce n’est pas au contribuable de payer la lutte des classes. Les syndicats devraient alors être financés par les seules cotisations des salariés. Ils en seraient encore plus motivés pour se mettre réellement aux services des salariés !
 
Gérald
 

Publié dans Enquête

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