Limassolgrad devient un problème pour la CE

Publié le par Christophe

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Chypre, l'un des plus petits états de la CE mange à tous les rateliers. Tantôt il demande de l'aide à la Russie, tantôt il demande de l'aide à la CE. Les russes profitent bien de la situation et la CE qui a fuit ses responsabilités lorsqu'il était encore temps de le faire, se trouve bien embarrassée au moment de décider s'il faut sauver ce petit pays et son destin Grec au risque de renflouer des mafieux russes...  

 

 

Chypre « l’île aux russes »


limassolEn octobre 2010, Dmitri Medvedev, le président russe de l'époque s'est rendu à Chypre pour le cinquantenaire de l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Pour l'occasion, une quinzaine d'accords ont été conclus. Le plus important concernait les investissements, et il garantissait que les capitaux russes ne serait pas sujet à la double imposition sur l'île. Selon le journal russe Kommersant, Chypre, où de nombreuses entreprises russes sont installées pour bénéficier de conditions fiscales plus avantageuses, est le premier pourvoyeur de capitaux investis en Russie avec 37,4 milliards d'euros en 2010, dont une majorité provient à l'origine de Russie même, (Source : http://www.kommersant.ru/doc/1517851) est devenu un paradis pour les capitaux russes. Chypre est devenue « l’île aux russes » à l'intérieur de laquelle des oligarques russes, des hommes d’affaires et des mafiosi ont placé leur argent sale. Avec le climat très doux par rapport à celui de Moscou et les avantages financiers s'y trouvant ils ont très vite considéré qu'il fait bon vivre sur la côte Sud de Chypre quand on est Russe. Il y a tellement de Russes installés à Limassol que la ville est aujourd'hui surnommée "Limassolgrad".

 

Dans le parc de la ville se dresse un buste en bronze d’Alexandre Pouchkine, le prince des poètes, on trouve aussi à Limassol une radio russe, des journaux russes, une église orthodoxe russe, des écoles privées dont les diplômes observent les prescriptions du ministère de l’Education russe, et des panneaux en cyrillique. Le maire de Limassol lui-même parle couramment le russe car il a étudié à Moscou sous le régime soviétique. Puis, il y a l'agitation des bars et des boîtes de nuit de Limassol où l'on se croirait en Europe de l'Est avec les prostituées ukrainiennes, biélorusses et moldaves qui battent le pavé le long de la plage. La communauté russophone de Chypre est estimée entre 35 000 et 40 000 personnes.

http://www.guardian.co.uk/world/2012/jan/26/cyprus-russian-invasion

 

« Chypre est une île très agréable », confie Natalia Kardash, rédactrice en chef de l'hebdomadaire russophone Vestnik Kipra. « Mettez-vous à la place d'un homme d'affaires russe qui veut venir travailler ici. Il peut venir avec sa famille. Sa femme peut faire du shopping. Pas besoin de parler anglais, tout le monde parle russe. Il y a des dizaines de salons de coiffure et de manucure russes ».

 

 

Chypre c'est la Russie ou l'UE, suivant ce qui l'arrange

 

chypre russeA Limassolgrad on entend dire « Limassol fait partie de la Russie ». Ce n'est pas pour déplaire aux Chypriotes car les Russes amènent beaucoup d'argent à Chypre. Plus de 25% des dépôts bancaires et environ un tiers des investissements étrangers sont d'origine russe. Les investisseurs russes créent surtout des sociétés écrans pour profiter du faible taux d'imposition sur les entreprises (10%). Une bonne partie de ces fonds est réinvestie en Russie, échappant ainsi au fisc russe. Les autorités chypriotes démentent servir au blanchiment d'argent mais pourtant cela s'appelle comme cela...

« On parle du blanchiment d'argent russe à Chypre. La mafia russe est très présente sur l'île », explique Hubert Faustmann, professeur associé d'études européennes à l'université de Nicosie. Sur les collines au-dessus de Limassol, on ne compte plus les villas de luxe avec vue sur la mer. La plupart appartiennent à des Russes et ont été achetées par le biais d'investissements opaques. D'autres sont la propriété de riches Chypriotes.

http://www.guardian.co.uk/world/2012/jan/26/cyprus-russian-invasion

Pourtant, je n'ai jamais entendu de critiques qui émanent de Bruxelles au sujet de Chypre. En France dès que l'on déplace une seule caravane de Roms l'Europe nous tombe dessus et à Chypre on peut blanchir les millions des mafieux russes sans que Bruxelles n'y trouve à redire...

 

 

Moscou s'y retrouve et a payé pour cela

 

chypre-mapAinsi le journal anglais Guardian a révélé qu'en février 2012, poussé par une violente tempête, un cargo russe a été forcé de se réfugier dans le port chypriote de Limassol. A bord se trouvaient quatre containers remplis de 60 tonnes de munitions pour Kalachnikov et lance-missile. La cargaison provenait de l'agence russe d'exportation d'armes, Rosoboronexport, et était destinée au gouvernement syrien. Membre de l'Union européenne depuis 2004, Chypre aurait dû saisir la cargaison du MS Chariot. Cette livraison constituait clairement une violation de l'embargo européen sur les armes mis en place contre le régime syrien engagé depuis plusieurs mois dans une vague de répression violente contre ses propres citoyens. Au lieu de cela, les autorités chypriotes ont laissé le bateau repartir après que le capitaine se fut vaguement engagé à changer d'itinéraire. Le navire fit le plein de carburant et repartit droit sur le port syrien de Tartous où il livra son chargement. Pour info le port de Tartous est une importante base navale russe en Syrie qui permettant un accès à la méditerranée que les russes ne veulent pas perdre et cela passe par un soutient au gouvernement Syrien (on ne s'étalera pas sur les doutes que nous avons sur l'origine de la guerre en Syrie).

 

Désormais, il semblerait de moins en moins improbable que la Russie puisse envisager d’installer une base militaire à Chypre, au cœur de la Méditerranée et sur le flanc oriental de l’Europe. Pour les Russes, cette base serait une chance incroyable de garder une présence dans le secteur alors que la situation en Syrie est plus qu’incertaine.

 

Chypre subit la crise européenne comme la Grèce mais Poutine a aidé « l’île russe » en versant une aide de 2,5 milliards d'euros pour sortir de la crise.

La Russie a également été un fervent soutien de Chypre au sein du conseil de sécurité de l'ONU et ferme opposant à la reconnaissance de la république turque de Chypre du Nord.

A propos du sauvetage de Chypre par la Russie, le ministre des Affaires étrangères chypriote, Erato kozakou-Marcoullis, déclare: « C'était une bonne proposition avec de bonnes conditions. La Russie a toujours soutenu notre indépendance, notre souveraineté et l'intégrité de notre territoire ».

 

 

Chypre demande 10 milliards d'euros au FMI et à l'UE


Chypre1Selon des révélations du journal Allemand Spiegel, les aujourd'hui les Russes de Limassol sont inquiets. Leur pays d'adoption est menacé, il se trouve même au bord de la faillite. L’économie chypriote est étroitement liée à l’économie grecque. La récession qui sévit en Grèce a enrayé la conjoncture de l’île. D’autant que les banques chypriotes avaient acheté pour plusieurs milliards d’obligations grecques qui ne valent aujourd’hui quasiment plus rien. Les établissements de crédit ont d’ores et déjà été contraints de faire une croix sur une bonne partie de leurs placements, aggravant ainsi leur situation financière. Le gouvernement du président Dimitris Christofias, à Nicosie, a déposé une demande d’aide au titre du fonds de sauvetage de l’euro.

http://www.spiegel.de/international/europe/german-intelligence-report-warns-cyprus-not-combating-money-laundering-a-865451.html

 

Les 2,5 milliards d’euros de Vladimir Poutine ont été dépensé et ce dernier renâcle à verser cinq milliards supplémentaires.

Les pays de la zone euro, vont devoir prochainement débourser dix milliards d’euros pour soutenir les banques chypriotes. La chancelière Angela Merkel, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble (tous deux membres de la CDU) et leurs homologues européens se trouvent ainsi devant un dilemme insoluble. En effet, dans un rapport confidentiel, le Service allemand de renseignement extérieur (BND) a établi l’identité des principaux bénéficiaires des deniers publics européens : des oligarques russes, des hommes d’affaires et des mafiosi qui ont placé leur argent sale à Chypre.

 

A Bruxelles et dans les capitales européennes on voit d’un mauvais œil le fait de verser une aide à Chypre et ses banques, véritables paradis fiscaux et hauts lieux du blanchiment d’argent.

D’un autre côté, la non-assistance n’est pas une option. Ce serait envoyer un message fatidique aux marchés financiers. Pourquoi les Européens devraient-ils sauver l’Espagne ou l’Italie s’ils ne sont même pas en mesure d’aider un micro-pays tel que Chypre ?

 

Les Européens peuvent difficilement plaider l’ignorance. En effet, le BND a analysé la situation de l’île, dont il a débattu ensuite avec les experts de la troïka composée de la Commission européenne, du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne.

Pour la seule année 2011, quelque 80 milliards de dollars auraient quitté la Russie. Dont une grande partie aurait transité en catimini par Chypre, aux dires du BND. Les Russes auraient déposé des avoirs dans des banques chypriotes pour un montant de 26 milliards de dollars. C’est nettement plus que le PIB annuel du pays. A contrario, les conclusions du BND supposent que si la république insulaire se glisse parmi les bénéficiaires du fonds de sauvetage européen, les deniers des contribuables allemands et européens serviront à mettre l’argent sale des Russes à l’abri.

Un proche d’Angela Merkel (qui veut être réélue) analysait en ces termes la position inconfortable dans laquelle se trouve la chancelière : « Chypre n’est pas un problème économique, cela fait longtemps que c’est un problème politique »".

 

 

L'Europe démontre son incompétence

 

Une fois de plus l'Europe démontre son incompétence et sa non crédibilité. Pendant que les Russes payaient à sa place, certes pour obtenir bon nombre d'avantages, les Européens ont fermé les yeux sur les irrégularités multiples et laisser Chypre vivre comme un pays souverain. Quand je dit souverain je suis polis, la situation semblant plus proche d'une république bananière...

 

Et là, oups, problème, Poutine ne veut plus payer, Chypre se souvient qu'il est un état de la CE et à ce titre le pays demande de manière légitime une aide financière pour ce sortir de « sa crise Grecque ». La CE se demande comment refuser son aide à Chypre en sachant que payer est équivalent à rembourser les oligarques russes et que dans le même temps ne pas payer c'est faire voler en éclats la solidarité entre pays européens que l'on nous vante depuis toujours...

 

L'Allemagne qui doit payer la plus grosse part du gateau voit son peuple froncer les sourcils et ce dernier observe avec attention ce que va faire madame Merkel, coincée entre son européisme et son désir de réélection.

 

chris 

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur Chypre voyez ici :

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/chypre.htm

 

Publié dans Décryptage

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Swpolo 19/01/2013 15:09


Qu'est ce que signifie CE en fait ?

yvelines-rbm-1 19/01/2013 16:28



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