Novlangue de bois

Publié le par Christophe

novlangue
 
Contrairement à ce que l'on pourrait penser le novlangue n'est pas une nouvelle langue apparue sous l'influence directe de la  langue de bois des politiques ces dernières années.
 
C'est au contraire l'expression « langue de bois » concernant nos politiques qui a été victime d'elle même. L'expression « langue de bois » victime de la langue de bois est devenu « le novlangue » plus politiquement correct.
Cette forme d'expression (notamment en matière politique) vise à dissimuler une incompétence ou une réticence à aborder un sujet en proclamant des banalités abstraites.
Le novlangue (traduit de l'anglais Newspeak, masculin dans la traduction française d'Amélie Audiberti) est la langue officielle d’Océania, inventée par George Orwell pour son roman « 1984 » publié en 1949.
 
L'article est un peu long et pourtant j'ai seulement survolé le sujet en évoquant un peu le côté technique de la langue et en donnant une série d'exemples pour nous divertir un peu.
 
Le vocabulaire de la novlangue
 
 
Le lexique de la novlangue fut très réduit. La réduction du lexique à un minimum est un but en soi. La novlangue vise à restreindre l’étendue de la pensée. Le vocabulaire est réorganisé en trois classes A, B et C. Très peu de mots sont communs aux trois classes.
  • Le vocabulaire A ne contient que les termes nécessaires au travail et à la vie quotidienne : manger, boire, travailler, etc. Il est formé sur des mots anciens. L’univocité des termes empêche désormais tout usage littéraire, politique ou philosophique.
  • Le vocabulaire B contient les mots composés construits à des fins politiques. Il est formé par des nom-verbes et contient une foule de néologismes.
  • Le vocabulaire C est spécialisé. Il est entièrement composé par des termes scientifiques et techniques.
 
La grammaire de la novlangue
 
Les principes grammaticaux sont communs à toutes les classes lexicales. La grammaire se caractérise par deux particularités : l’interchangeabilité des parties du discours et la régularité (la règle grammaticale ne connaît plus d’exception).
 
Principes
 
L’idée fondamentale de la novlangue est de supprimer toutes les nuances d’une langue afin de ne conserver que des dichotomies qui renforcent l’influence de l’État. Un rythme élevé de syllabes est aussi visé, avec l’espoir que la vitesse des mots empêche la réflexion.
De plus, si la langue possède le mot «bon», il est inutile qu’elle ait aussi le mot «mauvais». On crée le concept «mauvais» en ajoutant un préfixe marquant la négation (cela donnera «inbon»).
Un verbe doit toujours dériver du nom correspondant quand il existe.
L’idée sous-jacente à la novlangue est que si une chose ne peut pas être dite, cette chose ne peut pas être pensée. 
Outre la suppression des nuances, la novlangue est une incarnation de la double-pensée.
La double signification des mots possède le mérite (pour ses créateurs) de dispenser de tout pensée spéculative, et donc de tout germe de contestation future.
Une autre idée de la novlangue est d’associer deux termes différents en un seul mot afin que la pensée de l’un soit irrémédiablement associée à la pensée de l’autre : « crimesex »…
 
Exemples
 
Ancipensée : terme englobant l’ensemble des mots groupés autour des concepts d’« objectivité » et de « rationalisme ».
 
Biensexe : chasteté (désigne le rapport sexuel entre homme et femme à la seule fin de mettre des enfants au monde.)
 
Crimesex : activité sexuelle pratiquée sans but de reproduction (inclut la fornication, l’adultère, l’homosexualité et la sexualité pratiquée pour elle-même.)
 
Doublepensée : capacité à accepter simultanément deux points de vue opposés et ainsi mettre en veilleuse tout esprit critique.
 
Miniver : Ministère de la vérité, qui est en fait celui de la propagande.
 
Penséecrime : terme englobant l’ensemble des mots groupés autour des concepts de « liberté » et d’« égalité ».
 
Plusbon : très bon.
 
Doubleplusbon : excellent.
 
Inbon: mauvais.
 
Doubleplusinbon : très mauvais, détestable.
 
Vous trouverez en cliquant ici : Un Dico de Novlangue très complet.
 
Le novlangue au travail
 
Pour avoir l’air intelligent lorsqu’on est con, deux manières d’utiliser un nouveau concept : soit on crée un nouveau mot, soit on en utilise un existant, que l’on vide de son sens pour l’utiliser sous une nouvelle forme.
 
Quelques exemples
 
Piqûre de rappel : un grand classique. Quel que soit le suivi que vous ayez à faire, dites que vous aller faire une piqûre de rappel et vous serez identifié comme effectuant une gestion compétente du problème (vous ne saviez même pas qu’il y en avait un).
 
Trous dans la raquette : afin d’exprimer que, dans un contexte quelconque, vous vérifiez rapidement que rien n’aurait été malencontreusement oublié; pour pousser quelqu’un à cette minutieuse vérification, lancez donc à la cantonade « est-ce que nous avons des trous dans la raquette ?» Effet garanti.
 
Impacter : barbarisme d’autant plus recherché qu’il est issu d’un anglicisme, se doit d’être utilisé systématiquement dès suspicion de la moindre relation de causalité entre n’importe quoi et un quelconque autre truc vague.
 
À l’international : de nos jours, c’est un endroit où l’on se rend, où l’on travaille, où l’on développe des marchés. Il signifie probablement « à l’étranger »
 
En région : de même que le professionnel se rend « à l’international » lorsqu’il part pour l’étranger, l’adepte des sujets de société désigne par en région ce qui se déroule en province,
 
Une problématique : loin de signifier la science de poser les problèmes, ni même un ensemble de problèmes con­cer­nant un domaine spécifié, on l’utilisera pour remplacer le substantif « problème »,
 
Culture d’entreprise : un terme capital pour exprimer… Pas grand-chose, en fait, mais il faut exprimer son adhésion à celle-ci, s’en revendiquer, s’y référer, clamer qu’on se l’est gravée en lettre de feu au dessus de son lit et tatouée sur les parties intimes.
Compétences métier : une vague chose que quelqu’un sait à peu près faire.
 
Process : ce terme anglais remplace très avantageusement l’horriblement franchouillard « processus ».
 
Référentiel : il s’agit-là d’un vague ensemble (l’ensemble se doit d’être vague, attention) censé décrire d’une manière théorique comment les choses se doivent d’être réalisées.  Citerez sur un ton d’évidence.
 
Avoir des billes : non point pour jouer avec, comme dans la cour de l’école. « Avoir des billes » sur un sujet doit s’employer en lieu et place de « avoir des informations », qui est exclu du discours d’entreprise.
 
Solutionner : celui-ci n’est pas incorrect, bien que surprenant car traditionnellement peut usité. Il remplacera très avantageusement « résoudre »
 
ASAP : As Soon As Possible. Tellement plus tendance.
 
Déconnant : pour donner l’impression qu’on fait des trucs fantastiques mais qu’en plus, on est tellement merveilleux qu’on ne se prend pas au sérieux
 
Efficient : c’est mieux qu’« efficace ». C’est tout. Ne cherchez pas à comprendre.
 
Drastique : même remarque que pour « efficient ». C’est mieux que draconien.
 
Pour avoir l’air fun dans un environnement urbain et faire le jeun's
 
Juste : le grand gagnant actuel toutes catégories des mots de remplissage employés à mauvais escient.
 
Trop : pas très neuf, l’abus de cet adverbe demeure néanmoins fort répandu
 
Au jour d’aujourd’hui : la gourmandise absolue.
 
Hallucinant : exprimera avantageusement votre étonnement marqué, votre admiration, votre incrédulité, voire votre colère et votre sentiment de révolte face à l’absurdité de la réalité.
 
Grave : doit être placé, non pour qualifier un événement alarmant, dramatique ou tragique, mais simplement pour marquer votre accord inconditionnel avec les propos de votre interlocuteur
 
C’est clair : c’est mieux que « oui ».
 
Pour être plus captivant, être apocalyptique
 
Crise : LE mot à placer dans la conversation, quelle qu’elle soit.
 
Sinistrose : ce terme, purement psychologique lié aux séquelles consécutives à un accident, sera fort délicieusement détourné de son usage correct pour évoquer, sans que cela ait le moindre rapport, le sentiment général de baisse de moral, devinez dans quel contexte ? Celui de la crise, bien entendu.
 
Impasse : Pas de solution, la fin du monde, bref, tout ce qu’il faut pour faire recette
 
De l'austérité, de la rigueur ou de tout substantif à la connotation serrage de ceinture sera le bienvenu.
 
Développement personnel
 
Proactif : sert à éviter toute idée de repos contemplatif et non productif,  Il vous faut donc être actif, ce qui est un complètement dépassé, donc mieux, réactif, ce qui est encore un peu à la traîne, vous serez donc, pour tous, proactif, puis, surréactif, endoactif, exoactif, métaactif, supraactif.
 
Gagnant-gagnant, ou mieux, win-win
 
EELV
 
« je suis éco-responsable, moi, monsieur ! »
 
Parmi les concepts écologiques sympas, il y a aussi le tri sélectif, qui consiste à trier en sélectionnant, au contraire du tri non sélectif, dans lequel on trie, mais en remélangeant tout juste derrière…
 
Bat Ye'or (pour http://www.dreuz.info/)
 
Dhimmitude : soumission des indigènes non-musulmans aux institutions islamiques du jihad et de la charîa.
 
Eurabia : continent post-européen, satellite et mercenaire de l’Organisation de la Conférence Islamique, gouverné officieusement par les lois de la dhimmitude imposées aux habitants par leurs politiciens, leurs magistrats et leurs intellectuels.
 
Islamophobie : accusation contre quiconque n’adhère pas aux principes de la charîa.
 
Nazis : insulte adressée par les héritiers et adeptes eurabiens de l’idéologie nazie contre ceux qui les combattent.
 
Palestinisme : instrument utilisant l’arme du pétrole et du terrorisme pour obliger l’Europe à entrer dans le moule de dhimmitude d’Eurabia.
 
Frontières sûres et reconnues : les frontières d’Auschwitz.
 
Résoudre le conflit israélo-arabe selon la paix et la justice : selon les lois jihadistes condamnant toute souveraineté non-musulmane.
 
Le « printemps arabe » : le massacre des Coptes, la reprise du jihad, la justice selon la charîa et l’unification de l’Umma islamique avec la collaboration de l’OTAN et d’Eurabia.
 
Le dictionnaire de Polémia 2009 (pas de mise à jour récente) qui contient 300 mots.
 
Michèle Delaunay
 
Madame la ministre aux personnes âgées et à l'autonomie souhaiterait qu'on n'évoque plus négativement les anciens. Elle propose sur une note de blog de ne plus dire "vieillir", mais "avancer en âge".   http://lelab.europe1.fr/t/michele-delaunay-voudrait-qu-on-dise-avancer-en-age-plutot-que-vieillir-3934
 
Le lavage de cerveau Britannique
 
En Grande-Bretagne, des sociologues ont dressé une liste de mots “offensants” à ne plus employer. Ils sont recommandés aux étudiants et aux écrivains. Cela permettra d'éduquer à la source et de ne plus avoir à travailler sur des adultes qui ont terminé leurs études. Dans la société Britannique après quelques années les mots que les mondialistes veulent imposer auront totalement remplacé les mots d'origine et l'on oubliera même qu'ils ont existé.
 
Voici un très bon exemple avec un extrait traduit d'un article du Télégraph, édition du 20 septembre 2008 (déjà).
 
Des éditeurs et des universités tentent de bannir des dizaines de mots en apparence anodins mais qui, estiment-ils, pourraient s’avérer “offensants”. Les expressions bannies figurent sur une liste initialement élaborée par plusieurs sociologues.
           
La liste a été dressée par la British Sociological Association, dont les membres comprennent des dizaines de professeurs, de conférenciers et de chercheurs.
Cette initiative intervient après qu’une commission ait banni l’expression « l’homme de la rue », jugée sexiste, et qu’une autre ait prohibé le mot «brainstorming» qui serait offensant pour les épileptiques.
La liste des mots « sensibles » est l’objet de vives critiques. Elle est perçue comme une censure injustifiée et qui suppose, à tort, que les gens seraient choqués par des vocables utilisés depuis des décennies. Le professeur Frank Furedi, sociologue à l’Université du Kent, a déclaré être choqué quand il a vu la longueur de la liste et avec quel empressement les universitaires l’ont adoptée.
           
« J’ai été vraiment pris de court quand j’ai découvert que le terme « Chinese Whisper » (téléphone arabe) était offensant, parce qu’il pourrait avoir une connotation raciste. J’ai été désespéré de constater que le mot « civilisé », l’un de mes préférés, ne devait pas être utilisé par les auteurs respectueux des différences culturelles, car il aurait une connotation raciste ».
Pour le professeur Furedi, cette censure s’apparente à une « police du comportement moral » menée par une armée de groupes militants, d’enseignants et de médias, qui mènent une « croisade » en vue d’interdire certains mots et pour promouvoir leurs propres solutions politiquement correctes.
La liste des mots proscrits est maintenant envoyée à de futurs auteurs par Policy Press, un éditeur de livres et de revues sur les sciences sociales de l’Université de Bristol. La liste est également employée par plusieurs universités.
           
La School of Policy Studies de l’Université de Bristol par exemple recommande cette liste en vue d’aider les étudiants à « remettre en cause les a-priori hétéro-sexistes ». Elle a également été incluse dans une « boîte à outils » proposée par le site internet de l’Université de Leeds et destinée à lutter contre le racisme institutionnel.
           
Le King’s College de Londres déclare quant à lui que la liste peut fournir « un bon point de départ », et l’Université John Moores de Liverpool offre un lien vers cette liste dans son guide pour étudiants. L’Open University estime que c’est une « source de référence et de conseils » et La Napier University d’Edinburgh estime pour sa part que la liste « vaut la peine d’être consultée ». L’Université de l’East London conseille à ses étudiants de l’adopter.
           
Une école secondaire de Norwich a même inclus un lien vers cette liste sur son site. Selon l’école, « les élèves devraient examiner dans quelle mesure nous reproduisons par inadvertance des préjugés sexistes dans notre langage écrit et parlé ».
Dans la liste des termes supposés racistes se trouve le mot « noir », qui peut être utilisé « dans un sens raciste ». Il est conseillé de le remplacer par « peuples noirs » ou « communautés noires ».
Le mot « immigré » aurait lui une « connotation raciste » en raison de l’association faite avec « la législation sur l’immigration ». L’expression « pays en voie de développement » - conçu pour remplacer l’expression “tiers-monde” – serait également fondée sur des « préjugés » car elle implique une comparaison avec les pays développés.
           
Bien que ne figurant pas sur la liste de Policy Press, le BSA met en garde contre l’utilisation du mot « civilisation » à cause de sa « connotation raciste dérivée d’une vision colonialiste du monde ».
Parmi les termes « sexistes » à éviter, on trouve « disséminer » et « séminal », qui dérivent de « semence » et qui impliquent donc une vision du monde patriarcale. Et on recommande aux auteurs « d’éviter d’employer des appellations de type médical » lorsque l’on évoque les personnes handicapées car cela « pourrait les faire passer pour des personnes malades ». Il ne faudrait plus non plus dire « patient » mais « personne », ne plus dire « personnes âgées » mais « personnes plus âgées», et ne plus utiliser l’expression « personne valide » mais « personne non handicapée ».
 
Voir le site de la British Sociological Association :http://www.britsoc.co.uk/equality/

Un peu d'humour pour décélérer
 
Quelques exemples de la novlangue (nouvelle langue ou langue de bois) avec des mots destinés à façonner les esprits et à modifier la manière de penser.
 
  • Ne dites plus clandestin, immigré illégal, ni même sans-papiers, mais privés de papiers. (Houria Bouteldja) (La Dépêche).            
  • On ne dit plus gitans, rôdeurs, monte en l’air, mais gens du voyage (tous les médias).
  • On ne dit plus crimes, agressions, violences, mais plutôt actes de délinquance ou incivilités et encore mieux bêtises (Le Parisien) ou faux-pas (France 2). Récent : les inconduites (CNRS).
  • Ne dites plus émeutes ou guerre des gangs mais incidents ou révoltes sociales.
  • On ne dit plus immigration mais mobilité européenne (Frattini, commissaire européen).
  • On ne dit plus bandes mais identités de quartier (LCI.fr ).
  • Ne dites plus des bandes issues de l'immigration mais des jeunes qui se regroupent souvent sur des considérations ethniques.
  • On ne dit plus enfants d’immigrés mais enfants issus de familles d’éducations éloignées (ou enfants issus de la diversité)
  • On ne dit plus attraper les voleurs mais lutter contre les délits d’appropriation. (Midi Libre).
  • On ne dit plus des vauriens (ou vandales) font des graffitis mais des graffeurs habillent la ville de couleurs.
  • On ne dit plus un voyou (ou racaille) notoire mais un individu connu de la police (ou un individu défavorablement connu de la justice ou des services de police)
  • On ne dit plus mosquée mais centre culturel et religieux.
  • On ne dit plus fusillade mais bagarre par balles (TF1).
  • On ne dit plus invasion mais excès d’immigration (Claude Guéant, notre ex ministre de l’intérieur).
  • On ne dit plus un Français attaché à son pays, à sa culture, à ses traditions et fier de son drapeau, mais un Raciste.
  • Ne dites plus discrimination positive mais encadrement différencié.
  • Ne dites plus immigré mais client (autorités finlandaises)
 
Particularité
 
CPF : Chance pour la France.
Exemple : « ah les Mohamed c’est vraiment des CPF ».

BBR : Bleu blanc rouge. Personne pouvant prouver sur 50 générations qu’il a toujours été français, soit blanc et catholique.
Exemple : « Mohamed n’est pas un BBR ».
 
FDS : Français de souche. Même définition que pour le BBR.
 
Parler vrai : évidences qu’il faut tenter de formuler malgré la pensée boboïsante ambiante.
Exemple : « Les manouches sont une plaie pour la France ».
 
La cerise sur le gâteau
 
Et puisque vous avez été patients et pour être grave efficient, une vidéo purement déconnante et juste trop hallucinante de Franck Lepage :
       
 
En cette période de crise, de sinistrose et de morosité que nous impose la mondialisation c'est un moyen de sortir notre moral de l'impasse et de la dualité de situation qui découle de cette problématique tout en sachant que le langage politique est fait pour rendre les mensonges crédibles.
 
Christophe
Ref : C0043 

Publié dans Décryptage

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