Pays-Bas, l'échec de Geert Wilders

Publié le par Christophe

geert-wilders

 

Les résultats des élections législatives du 12 septembre 2012 aux Pays-Bas sont une catastrophe à double titre.

 

1/ Les pro-européens remportent les élections législatives (Les Néerlandais ont plébiscité deux partis pro-européens, libéraux et travaillistes).

2/ Le PVV de Geert Wilders, enregistre un revers spectaculaire et il perd 9 sièges.

   

Le grand vainqueur

 

Mark Rutte, le jeune premier ministre néerlandais de 45 ans a réussi à se maintenir au pouvoir, avec un programme largement tourné vers Bruxelles, alors que la grogne et le sentiment anti-européen ne cessent de croître aux Pays-Bas depuis le début de la crise. Il a donc réussi son pari, à la fois en durcissant le ton vis à vis de l’Union Européenne tout en convainquant les Néerlandais que leur intérêt en dépend.

 

Il est chef du Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) depuis quatre ans, lorsqu’il se présente aux législatives de 2010. Il est alors peu connu mais il fait mouche. Pour la première fois depuis sa fondation en 1948, le parti arrive en tête. Mark Rutte est chargé de former un gouvernement par la reine Beatrix. Il sera le premier chef de gouvernement libéral des Pays-Bas depuis 1918.

     

Ne disposant que d’un siège d’avance sur les travaillistes, pour gouverner, il doit s’allier au Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders. Les deux s’accordent notamment sur une politique très stricte en matière d’immigration pour prendre le pouvoir.

 

Pourquoi des élections en 2010 et en 2012

 

http://fr.euronews.com/2012/09/12/mark-rutte-va-poursuivre-sur-la-voie-de-l-europe

Après les élections de 2010, Mark Rutte et Geert Wilders alliés pour gouverner, voient leur différent sur l’Europe perturber leur gouvernance. Malgré les accords sur l'immigration,  Mark Rutte reste pro-européen, de tendance “merkoziste” et pour lui, l’avenir du pays n’est pas concevable en dehors de l’Union Européenne, et de ses règles.

Or c’est justement sur la question de la réduction du déficit public, pour le ramener aux 3% exigés par Bruxelles que va s’effriter la coalition. Geert Wilders anti-européen et anti-euro est pour sa part loin d’accepter les “diktats” de Bruxelles. Les deux tenteront pendant plusieurs mois de négocier mais finalement le 21 avril, les pourparlers échouent. Le PVV de Wilders ne soutenant plus la majorité au Parlement, celle-ci s’effondre et le gouvernement est contraint de démissionner.

Le refus du PVV de se soumettre à la rigueur budgétaire imposée par Bruxelles est donc à l’origine de ses élections anticipées.

   

Les résultats détaillés

 

http://elections-en-europe.net/2012/09/13/elections-legislatives-de-2012-aux-pays-bas/

 

·Parti populaire et libéral (VVD, libéral), 26.6% des voix (+6.2%), 41 sièges (+10).

· Parti travailliste (PvdA, social-démocrate), 24.8% des voix (+5.2%), 39 sièges (+9).

· Parti pour la liberté (PVV, droite populiste), 10.1% des voix (-4.4%), 15 sièges (-9).

· Parti socialiste (SP, gauche de la gauche), 9.7% des voix (-0.2%), 15 sièges (-).

· Appel démocrate-chrétien (CDA, démocrate-chrétien), 8.5% des voix (-5.2%), 13 sièges (-8).

· Démocrates 66 (D66, social-libéral), 7.9% des voix (+1.0%), 12 sièges (+2).

· Union chrétienne (CU, centre-droite protestant), 3.1% des voix (-0.2%), 5 sièges (-).

· Gauche verte (GL, écologiste), 2.3% des voix (-4.3%), 3 sièges (-7).

· Parti politique réformé (SGP, droite dure protestante), 2.1% des voix (+0.4%), 3 sièges (+1).

· 50+ (défense des retraités), 1.9% des voix (+1.9%), 2 sièges (+2).

· Parti pour les animaux (PvdD), 1.9% des voix (+0.6%), 2 sièges (-).

 

(ndlr – détail sordide : les défenseurs des retraités et des animaux arrivent à égalité)

  

Le grand perdant

 

Au vu des résultats le PVV de Geert Wilders est donc crédité de 13 sièges, soit à peine un peu plus de la moitié des 24 obtenus aux législatives de 2010.

C'est un cruel échec pour lui et pour ceux qui, comme nous, comptaient sur lui pour impulser un souffle nouveau au sentiment patriotique en Europe.

 

Selon les spécialistes, les raisons de la défaite de Geert Wilders sont à trouver avant tout dans la stratégie qu'il à mise en place lors de la campagne électorale. Geert Wilders a décidé de transformer le scrutin en référendum sur l’Union européenne et sur l’euro. Il n'a pas beaucoup exploité les thèmes qui ont fait son succès lors des autres élections : rejet de l'immigration, de l'islamisation, de l'insécurité,... Les propositions du PVV visant à sortir de l’euro et de l’Union européenne ont été considérées comme trop radicales et les électeurs ont préféré que leur pays reste au sein de ces structures.

 

Geert Wilders a dénoncé les économies que le gouvernement veut réaliser sur le dos des personnes âgées. Il n’a peut-être pas su convaincre sur ce sujet et le parti 50plus, qui défend les plus de 50 ans, a obtenu ses deux premiers députés nationaux.

 

En transformant le scrutin en plébiscite sur l’euro et l'Union européenne, le PVV a placé les électeurs face à un choix : voter pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne avec le PVV ou poursuivre la politique actuelle avec les partis du système. Entre deux aventures, la population a préféré celle qui est présentée par les médias comme un moindre mal et la moins risquée.

 

De plus, le PVV de Geert Wilders est apparu comme étant avant tout le parti d’un seul homme qui prend toutes les décisions, ce qui a amené des tensions au sein du parti et des départs.

http://lionelbaland.hautetfort.com/

http://www.leparisien.fr/international/pays-bas-les-pro-europeens-remportent-les-elections-legislatives-12-09-2012-2161822.php

 

Le FN peut-il y trouver des enseignements ?

 

Oh que oui !

A commencer par ce qui a plombé la présidentielle de Marine Le Pen :  la sortie de l’euro et de l’Union européenne. Le peuple Européen a peur d'une sortie radicale. Peu importe si le FN voulait une sortie négociée et progressive, le peuple n'entend que le chant des médias qui lui promettent une catastrophe en s'engageant sur cette voie. La sortie de l'Euro, de l'Europe a été incomprise en France en avril 2012 et aux Pays-Bas en septembre 2012. Pas assez expliquée, ou mal expliqué, le résultat est là, les Européens préfère la continuité à l'inconnu.

 

"Geert Wilders est apparu comme étant avant tout le parti d’un seul homme qui prend toutes les décisions, ce qui a amené des tensions au sein du parti et des départs."

Jean-Marie Le Pen est apparu comme tel. N'oublions pas les scissions (Mégret, Lang …).

Certains médias présente le FN comme étant la « chose » de Marine Le Pen. N'en déplaise à ceux qui veulent se voiler la face, j'ai déjà entendu ce genre de critiques hors des médias. Je ne souhaite pas développer plus loin cet aspect préférant rester sur le sujet basic de l'article.

 

Les Français peuvent-ils y trouver de l'inspiration ?

Hélas oui. Les Pays-Bas sont le cas typique d'un scénario adaptable à la France.

Faisons un peu de politique fiction :

 

"Un pays dont le peuple un peu agacé par la diktat de l'Europe, voulant une immigration contrôlée et réfléchissant à la sortie de l'Euro tout en ayant une peur bleu de franchir le pas. Dans ce pays il y a un parti de patriote en pleine ascension qui fustige l'Europe et fait de la sortie de cette dernière un fer de lance au même plan que le retour à la monnaie nationale de papa et maman. Un parti qui a tellement le vent en poupe qu'il est de plus en plus attaqué et qui continu à monter dans les sondages. Pensant que le fruit est mûr ce parti se laisse aller à négliger les fondations de son succès historique comme l'immigration. Alors certes le parti n'abandonne pas l'immigration mais il l'aborde avec un discours policé pour se dé-diaboliser. La conséquence est qu'une partie de son électorat, les « beaufs de base », ne le comprend plus. Quand les élections arrivent c'est  la douche froide. Le peuple à finalement choisi la continuité plutôt que le risque de se tromper même si l'envie était là."

   

Nous devons continuer à espérer

 

Lionel Baland : « Les solutions prônées par Geert Wilders sont peut-être celles qui seront appliquées dans un futur plus ou moins lointain. Peut-être verrons-nous la fin de l'euro et même celle de l'Union européenne ? Cependant, pour gagner les élections, il ne faut pas être un visionnaire, il faut savoir dire au peuple ce qu'il a envie d'entendre au moment où il a envie de l'entendre. C'est ce qu'ont fait les libéraux de droite et les travaillistes ». http://lionelbaland.hautetfort.com/

 

J'ajouterai que manifestement il est trop tôt. Les peuples Européens ne peuvent pas être sauvés malgré eux et peut-être qu'il ne faut pas s'entêter à essayer de les sauver avant qu'ils ne soient placés dans une position où ils ont besoin d'être sauvé. S'ils ne se rendent pas compte qu'on les sauve, ils résistent. Il faut qu'ils tombent plus bas dans leur malheur pour identifier leur besoin d'être sauvé.

     

La crise n'est pas marrante et des Français en souffrent. C'est peut-être à ce prix que les consciences vont se réveiller. Si un peuple est dos au mur ne va t-il pas oser ce qu'il n'osait pas ? Des choses comme la sortie de l'Euro, de l'Europe, montrer la sortie aux ennemies de la nation, dés-islamiser le pays...

 

Oui Geert Wilders nous apporte une déception de plus. Après la perte de la présidentielle par Marine, voilà que lui ne sera pas le chef du gouvernement Néerlandais.

 

Mais les faits divers impliquant des « Vladimir », le chômage,  les impôts, les appartements mal chauffés, les exigences des islamistes, la normalitude, la taubiratitude, la valstitude, travaillent pour nous.

Ne nous emballons pas, organisons nous, quand le fruit sera mûr il ne faudra pas être pris au dépourvu.

 

L'appel à se structurer de Christine Tasin lors de sa rentrée est un bon format... 

Conscient que cet article va en déranger certains, je les invite à me contredire par la plume...

 

Christophe

 

Ref : C0053

Publié dans Billet d'humeur

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christophe 14/09/2012 07:42


Déjà 2 avis favorables à mon article en si peu de temps. C'est rassurant... C'est en effet déjà 75 % des visiteurs de Versailles Montigny puisque si j'observe la provenance des connexions, ce
blog à franchement viré à l'international.    

daniel 14/09/2012 07:25


Effectivement, le remplacement de l'euro ne fait pas partie des problemes de la vie courante des francais et des européens en général. 


Au printemps 2012, les grecs étaient encore majoritairement attachés à l'euro, malgré leur situation économique catastrophique.


Il est donc prouvé, (et les dernières élections aux Pays-Bas le démontrent encore), que les européens ne font pas le lien entre l'euro d'une part, et le coût de la vie, le chomage, l'austérité,
la baisse des services publics d'autre part.


Les médias ne souhaitant pas débattre de ce problème, il semble présomptueux dans ce cadre, pour un parti minoritaire, d'expliquer tout seul qu'il a raison et qu'il faut sortir de l'euro. Comme
beaucoup l'ont dit, je pense après réflexion. que c'était une erreur de Marine et de son équipe d'insister sur ce sujet, bien que sur le moment, cela m'a semblé légitime.


Il fallait et il faut toujours insister sur nos points forts que comprennent bien les français : immigration et insécurité.


Je ne détaille pas les mesures relatives à ces 2 domaines, qui sont comprises de tous, (sauf peut-etre des résidents de Neuilly qui ne vont que dans le 16ème arrondissement), et pour lesquelles
l'UMP et le PS ont montré leur inefficacité.


Mais pour être un parti de gouvernement crédible, il faut savoir traiter les autres problèmes, en particulier les problèmes économiques.


Il faut proposer de nouvelles solutions pour lutter contre le chomage, contre la vie chère et contre le démantèlement des services publics, ce que Marine a bien fait. Ce doit être la base de
notre action auprès des francais.


Pour prouver qu'il est possible de mobiliser de l'argent public pour améliorer la vie des francais sur ces sujets, c'est simple, il suffit d'expliquer que l'UMPS gaspille l'argent des
français :


- le coût de l'immigration et les aides importantes allant aux immigrés (logement social, AME, allocations familiales, et souvent en plus : retraites, assurance maladie ou CMU, allocations
chomage, RSA, etc...)


- le coût du renflouement des pays européens, qui a commencé avec la Grèce, mais qui va se poursuivre avec le Portugal, l'Irlande et surtout l'Espagne.


- le coût des intérets de la dette, est un sujet plus technique, et plus difficile à expliquer, qui devrait être éventuellement abordé dans des cas spécifiques.


On peut compléter sur l'Europe, qui nous coûte plus que ce qu'elle rapporte, et nous impose des tas de contraintes ridicules (à détailler selon les interlocuteurs).


Et surtout montrer que nous perdons petit à petit la souveraineté de notre beau pays, que notre histoire de France n'est plus enseignée dans la scolarité, que les symboles de notre nation : le
drapeau, la marseillaise ne sont plus respectés, que beaucoup de nos monuments anciens, en particulier nos églises, tombent en ruine, alors que l'on construit des mosquées à tour de bras.


Tous ces élements sont des faits concrets que tout le monde peut comprendre, et appréhender, même s'il ne partage pas encore notre point de vue.


Il n'est sans doute pas nécessaire de rajouter la sortie de l'euro, qui est plus complexe à expliquer. D'autre part, si l'euro s'écroule effectivement, personne ne nous saura gré de l'avoir
prévu. Les visionnaires qui prévoient des catastrophes ne sont jamais remerciés quand elles arrivent, c'est même plutot le contraire, on les accuse parfois d'en être responsables !!!

Gerald 14/09/2012 06:19


Christophe, ton analyse est juste car nous l’avons vécue sur le terrain pendant les élections.


Pourtant Marine et le FN ont raison, il est impossible de protéger nos acquis et notre nation sans sortie de l’Euro et de l’Europe. Alors
sommes nous condamnés par la lâcheté des Français ?


Je ne crois pas qu’ils soient lâches, ils ont tellement souffert du passage à l’euro qu’ils n’ont pas envie de subir une nouvelle perte de leur
pouvoir d’achat.


Quand à l’Islamisation, les gens ne la voit pas ou pense que ça va s’arrêter naturellement, alors pourquoi se mettre en avant quand on voit que
les quelques « héros » qui osent s’exprimer se font laminer impitoyablement par les « bien-pensants ».


Les musulmans sont utilisés par l’oligarchie mondiale pour briser les nations, leur unité apparente est idéale pour cela. Une fois les nations
détruites, l’oligarchie mondiale pense pouvoir mettre au pas les musulmans pour ne former qu’une grande masse d’esclaves consommateurs, mais ils se trompent ! Et ce seront des siècles de
luttes et de larmes qui partiront en fumée pour rien.


Nous devons retrouver d’urgence notre unité patriotique plutôt que nous déchirer sur des futilités comme le mariage des homo-sexuels.